Flintlock: vers une plus grande place des femmes dans l'armée au Burkina?

Les militaires de la force conjointe du G5 Sahel lors de l'opération Haw Bi. (Photo d'illustration)
© RFI/Anthony Fouchard

Au Burkina Faso, l’exercice militaire Flintlock, organisé par l’armée américaine, se poursuit jusqu’au 1er mars. Il s’agit du plus important exercice international de forces spéciales en Afrique : 33 pays y participent, dont 16 africains. La question de la résolution des conflits de manière inclusive est l’une des priorités de l’exercice de cette année. Une réunion avec des représentants de la société civile burkinabè s’est tenue le 19 février dans la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis afin de réfléchir au rôle des femmes dans la résolution des conflits.

Les femmes ne représentent que 3% des soldats engagés dans des missions de maintien de la paix des Nations unies. Pourtant, selon l’amiral Heidi K. Berg, chef des renseignements de l’armée américaine en Afrique, elles sont plus efficaces que les hommes dans la résolution des conflits.

« Nous disposons d’études qui prouvent que l’engagement de femmes dans les institutions sécuritaires dans différents types de conflits apporte de meilleurs résultats, déclare-t-elle. En Afghanistan, les mentalités ont évolué à force de déployer de plus en plus de femmes sur le terrain. On a vu le harcèlement et les violences sexuelles diminuer aussi bien au sein de l’armée qu’au cours des opérations ».

Burkina Faso: coopération militaire américaine avec le lancement de Flintlock

Odile Kantiono est contrôleur général de police au Burkina Faso. Elle encourage ses policières à mener les enquêtes, notamment quand il s’agit de violences faites aux femmes. « Les hommes en tenue sont considérés comme ceux qui ont commis les crimes contre les femmes, explique-t-elle. Donc du coup, elles ont peur de les laisser s’approcher et de leur parler, de leur donner des informations ».

Odile Kantiono essaie aujourd’hui de trouver des financements pour former les femmes de la police. Mais la tâche est dure. Selon le docteur Justine Coulidiati, coordinatrice régionale de la Plateforme des femmes du G5 Sahel, il manque une véritable volonté politique.

« Nos gouvernements africains utilisent les chiffres alarmants qui sont ceux qui portent sur la femme, dénonce-t-elle. Ils amènent chez les grands financeurs. On dit que ce pays a besoin d’argent pour relever les défis qui se posent aux femmes. Quand ils prennent l’argent, ils l’utilisent autrement et ça ne profite pas aux femmes. Ce n’est pas normal, il faut que ça cesse ». Lors du dernier concours de police au Burkina, 100 femmes ont été acceptées sur 750 lauréats.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.