Kenya: un litige frontalier avec la Somalie fait chuter les exportations de khat

Les exportations de khat du Kenya vers la Somalie sont en chute libre.
© TONY KARUMBA / AFP

La tension diplomatique entre le Kenya et la Somalie est en passe de devenir commerciale. Nairobi accuse Mogadiscio d’avoir vendu des licences d’exploration pétrolière sur des eaux revendiquées par les deux pays. En réaction, le Kenya a rappelé son ambassadeur pour consultation et expulsé le représentant somalien à Nairobi. Les commerçants somaliens de khat, un arbuste aux propriétés psychotropes, parfois considéré comme une drogue, ont décidé d’être solidaires de leur gouvernement.

Doit-on s’attendre à une guerre du khat ? Des commerçants somaliens ont annoncé que suite au litige frontalier entre leur pays et le Kenya, ils allaient cesser l’importation de l’arbuste en provenance du Kenya et se fournir en Ethiopie.

L’association Nyambene Miraa Traders, qui regroupe des producteurs de khat kenyan, a déclaré que son activité était une cible facile chaque fois que la Somalie cherchait à attirer l’attention du Kenya. « Nous devrions nous attendre au pire », a déclaré le porte-parole de l’organisation Kimathi Munjuri.

L’association a précisé que lundi, seuls quatre vols kenyans étaient partis livrer le khat en Somalie, au lieu de 20 habituellement, à cause notamment de l’incertitude des acteurs du marché. Le prix du sac a également baissé d’environ 50% selon Nyambene Miraa Traders.

50 tonnes d'exportation par jour

Un coup dur pour les Kenyans qui exportent 50 tonnes de khat par jour en Somalie, soit un revenu d’un million de dollars selon le bureau national des statistiques. Leur activité souffrait déjà ces derniers temps avec la perte d’une grande partie du marché du Puntland à cause d’impôts introduits par le nouveau pouvoir.

Reste à savoir si l’escalade va continuer. Ce week-end, les deux pays avaient tenté de calmer le jeu. La Somalie avait nié toute vente de licences sur le territoire disputé. Le Kenya avait lui insisté sur le fait que son ambassadeur n’était pas rappelé, mais simplement convoqué pour consultations.

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