La redynamisation agricole, nouvelle priorité de Madagascar

Retour des champs pour ce jeune paysan du centre de l'île. L'angady, sorte de petite bêche, est son seul outil. Il lui sert aussi à transporter ses récoltes.
© RFI/Sarah Tétaud

A Madagascar, 75% de la population vit de l’agriculture. Mais à cause entre autres, de la prédominance des techniques agricoles traditionnelles et de l’incapacité à gérer les conséquences du changement climatique, les rendements restent faibles. La Grande île, « grenier rizicole de l’Afrique » jusqu’à la fin des années 70, est désormais obligée d’importer en masse, 300 000 tonnes en 2017, le précieux grain de riz, pour nourrir sa population. Le nouveau président Andry Rajoelina a fait de l’agriculture l’une de ses priorités. « Madagascar doit devenir une terre d’agro-business et retrouver son autonomie alimentaire » a-t-il annoncé.

« Redevenir le grenier alimentaire de l’Océan indien, atteindre l’autosuffisance en riz d’ici l’an prochain », les objectifs exprimés dans le programme présidentiel sont élevés. Or, comme l’explique Niry Randriarimanga, directrice de l’appui au secteur privé au Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, la réalité sur le terrain, elle, montre à quel point la tâche s’annonce ambitieuse.

« Les structures paysannes ont été appuyées depuis très longtemps à Madagascar, mais il y a toujours beaucoup à faire dans la mesure où l’on constate qu’elles manquent encore de capacités en termes managériales, technologiques ou de vie associative », explique-t-elle.

« Redynamiser les coopératives agricoles, une étape incontournable » d’après Niry Randriarimanga, pour atteindre les objectifs présidentiels. Toutefois, dans certaines zones de l’île, comme dans la région vivrière d’Antsirabe, certaines organisations agricoles plus avancées fournissent à leurs membres des services comme du microcrédit ou de la formation professionnelle. Ici, la productivité y est plus forte et le niveau de vie des paysans plus élevé.

L'accès au foncier est aussi une priorité

Cependant, Sarah Audouin, chercheuse au CIRAD et FOFIFA et spécialiste des innovations agricoles, constate qu’un service essentiel reste encore peu proposé. « C’est l’accès au foncier parce qu’on est quand même dans des zones où on a une saturation foncière et une densité assez importante. Je pense aux Hauts Plateaux, détaille la jeune femme. Et là il y a besoin d’un appui pour permettre aux jeunes qui souhaitent s’installer de pouvoir accéder au foncier sur des surfaces acceptables, et non pas sur 0,5 hectares. Et ça, les organisations paysannes seules ne peuvent pas répondre à cet enjeu. Et là, il y a évidemment un besoin d’engagement fort de l’Etat dans ce sens, et d’une vraie politique agricole. »

Le foncier, une priorité aussi du nouveau président, Andry Rajoelina. Reste à savoir désormais quelles initiatives lancer en premier. Une question qui se pose dans de nombreux ministères.

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