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Rwanda Cyclisme

Cyclisme : le Tour du Rwanda change de braquet

Les favoris du 11e Tour du Rwanda, de g. à d. : Samuel Mugisha (Rwanda), Merhawi Kudus (Erythrée), Rein Taaramäe (Estonie), Joseph Areruya (Rwanda), Timothy Rugg (Etats-Unis), le 23 février 2019.
© RFI/Thomas de Saint-Léger

Pour sa 11ème édition, le Tour du Rwanda, qui s’élance ce dimanche 24 février de la capitale du pays, Kigali, vit une petite révolution. La course la plus populaire d’Afrique propose cette année un plateau relevé comme jamais, avec des équipes européennes de très haut niveau et les meilleures sélections africaines. Une montée en gamme souhaitée par l’Union cycliste internationale (UCI).

Avec notre envoyé spécial au Rwanda,

C’était un coup de pouce attendu, logique, presque inévitable pour le petit Tour qui grimpe. En avril 2017, l’UCI annonçait pour son calendrier 2019 un passage de la boucle rwandaise de la catégorie 2.2 à la 2.1. Un petit point qui ne vous dit peut-être rien, mais qui change tout : désormais, les équipes du plus haut niveau mondial (World Tour ou Continental Pro) peuvent être invitées.

Deux ans plus tard, sur le parking du Classic Hôtel de Kigali, les bus des équipes sont grimés, par exemple, aux couleurs d’Astana ou de Direct Energie, deux grandes habituées du Tour de France et des courses majeures du calendrier.

« On est curieux, explique Jean-René Bernaudeau,l’incontournable manager de Direct Energie, le Rwanda produit de bons coureurs, l’épreuve est rodée, le public passionné. C’est sans doute l’exemple à suivre pour le continent africain. Notre rôle, c’est de venir ici pour crédibiliser encore plus cette course et faire rêver les gens qui habituellement nous regardent au Tour de France. »

« Une ferveur comparable au Tour de France »

Une promesse de découverte qui fonctionne à double-sens, les bizuths du Tour du Rwanda risquant eux aussi de belles surprises, que ce soit concernant le profil des 8 étapes – version Toboggan - ou l’accueil du public : « On imagine les courses africaines se courir sur des pistes, traversant des villages, tombant sur des spectateurs un peu par hasard, mais ici ça n’a rien à voir, assure Philippe Le Gars, reporter au journal L’Equipe et spécialiste du cyclisme africain, il y a des connaisseurs et surtout une ferveur populaire incroyable, comparable au Tour de France ou au Tour d’Italie ».

Une popularité aussi due aux bons résultats des coureurs rwandais. Les cinq dernières éditions ont été remportées par des enfants du pays. A Kigali, n’importe qui peut vous citer les noms de Joseph Areruya, Valens Ndayisenga ou encore Samuel Mugisha, les stars actuelles, espérés encore cette année sur le podium. Même si forcément, la tâche s’annonce plus compliquée.

Un mécanicien de l'équipe française Delko s'affaire sur la machine du vainqueur de l'édition 2017, le Rwandais Joseph Areruya. © RFI/Thomas de Saint Léger

Une authenticité à conserver

C’est maintenant le principal défi des organisateurs du Tour du Rwanda : continuer à faire grandir la course, accueillir de plus en plus de grandes équipes, tout en conservant l’authenticité de l’épreuve.  « C’est un Tour africain, donc l’idée c’est aussi de permettre à des coureurs du continent de se faire remarquer, promet le coordinateur général de la course, Olivier Grandjean. Nous garderons toujours une proportion d’équipes du continent, c’est très important. »

Preuve que la formule fonctionne, deux des favoris de l’épreuve, le local Joseph Areruya (vainqueur en 2017) et l’Erythréen Merhawi Kudus, tous les deux révélés sur les routes rwandaises avec leurs sélections nationales  courent désormais sous les couleurs d’équipes professionnelles, Delko pour le premier, Astana pour le second. De quoi peut-être donner des idées à leurs jeunes compatriotes, aux Algériens voire aux Camerounais, également au départ cette année.

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