Soudan: Omar el-Béchir cède sa place en tant que président du parti au pouvoir

Ahmed Harun remplace à titre provisoire Omar el-Béchir à la tête du parti Congrès National jusqu'à la prochaine réunion du parti islamiste soudanais.
© AFP PHOTO/ASHRAF SHAZLY

Le président Omar el-Béchir qui règne sans partage sur le Soudan depuis son coup d’Etat, il y a trois décennies, a remis temporairement la direction de son parti à son vice-président. Le chef de l'Etat soudanais qui dirige le parti Congrès National (al Mo'tamar) depuis sa création en 1998, semble contraint à faire cette concession face au mouvement de contestation inédit qui dure depuis le 19 décembre dernier.

Omar el-Béchir cède une partie de son pouvoir. C'est dans un communiqué, que le parti islamiste au pouvoir annonce que le président a transmis son mandat à Ahmad Haroun, nommé plus tôt cette semaine comme adjoint à la tête du parti Congrès national (al Mo'tamar). Ce chef par intérim du PCN occupera ce poste jusqu'à la prochaine réunion du parti qui sera chargé d'élire un nouveau président l’été prochain.

Un proche du président

Ahmed Haroun est un fidèle du chef de l'Etat, il a participé avec lui au coup d'Etat en 1989. Il a été nommé deux fois ministre et à toujours occupé des postes de responsabilité au sein de l'Etat. Tout comme le président soudanais, il est visé par un mandat de la Cour pénale internationale (CPI), pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour son rôle présumé dans le Darfour.

A (re)-lire : [Portrait] Soudan: le général Omar el-Béchir dans son labyrinthe

Selon la charte du Parti du Congrès National, qui possède une majorité écrasante de sièges au parlement, le chef du PCN devient automatiquement son candidat pour le prochain scrutin présidentiel, prévue, en principe, en 2020.

El-Béchir fait des concessions face à la contestation

Le 16 février dernier, le comité chargé de réviser la Constitution pour permettre à Omar el-Béchir de rester président à vie, a ajourné sa réunion. Le président cède aussi sur ce point et remet ce projet à plus tard.

Face au plus sérieux défis depuis son arrivée au pouvoir. Omar el-Béchir avait limogé le 22 février le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux pour nommer à la tête de 18 régions du pays des militaires parmi ceux qui lui sont le plus fidèles. Il a décrété l'état d'urgence et instauré des tribunaux spéciaux.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.