Algérie: le président Abdelaziz Bouteflika limoge son directeur de campagne

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika lors du scrutin législatif à Alger le 4 mai 2017.
© REUTERS/Zohra Bensemra

Au lendemain des imposantes manifestations contre sa candidature pour un cinquième mandat à la tête de l'Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika a limogé ce samedi 2 mars son directeur de campagne, son ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal, selon une information de l'agence officielle algérienne APS.

Aussitôt limogé, aussitôt remplacé. Abdelmalek Sellal, ex-Premier ministre et directeur de campagne d'Abdelaziz Bouteflika depuis 2004, avait mené trois campagnes victorieuses auprès du président algérien en 2004, 2009 et 2014. C'est donc un pilier de l'appareil qui est débarqué. Et c'est aujourd'hui l'actuel ministre des Transports, Abdelghani Zaalene, qui prend sa place.

Pour l'instant, les proches du chef de l'Etat n'ont fait aucun commentaire pour expliquer les raisons de ce changement. Mais il intervient au lendemain des manifestations massives à travers tout le pays contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé depuis six jours en Suisse et qui fête aujourd'hui ses 82 ans. Depuis son AVC en 2013, il ne s'est pas adressé aux Algériens.

En l'absence du président, c'est en effet lui qui était en première ligne depuis le début de la contestation. Il pourrait avoir servi de fusible. Certains médias algériens font eux le lien entre ce départ et la fuite sur le web de l'enregistrement d'une conversation téléphonique il y a quelques jours. Il y est question d'une répression accrue et plus violente des manifestations. L'enregistrement n'a pas été authentifié, mais les voix sont attribuées à Abdelmalek Sellal et Ali Haddad, soutien financier du chef de l'Etat et président du Forum des chefs des entreprises (FCE), principal syndicat patronal du pays.

Dimanche date limite pour le dépôt des candidatures

Difficile de savoir si la mobilisation exceptionnelle de vendredi peut changer la donne. Mais toute la semaine, le camp présidentiel a réaffirmé que la contestation n'empêcherait pas le scrutin de se tenir dans les délais et que le dossier de candidature du chef de l'Etat serait remis au Conseil constitutionnel ce dimanche 3 mars, date limite pour déposer les dossiers de candidature à la présidentielle du 18 avril prochain.

Face à Abdelaziz Bouteflika, l'opposition reste inaudible et absente. Pour l'heure, seuls deux candidats peu connus ont déposé leur dossier. Aujourd'hui, le Parti des travailleurs algérien, petit parti d'extrême gauche, a annoncé qu'il ne présentera pas de candidat, et le MSP, le principal parti islamiste, membre jusqu'en 2012 de l'alliance présidentielle indique qu'il n'exclut pas de renoncer également à participer.

Moi je préférerais la stabilité du pays. Que le président actuel reste au pouvoir ou qu'un autre le remplace, nous on préfère la stabilité que ce soit au niveau sécuritaire ou économique.

[Reportage] L'inquiétude des entrepreneurs algériens
03-03-2019 - Par David Baché

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