RCA: à peine dévoilé, le nouveau gouvernement remis en question

Des représentants des groupes armés lors de la signature de l'accord de Khartoum à Bangui, le 3 mars 2019. Parmi eux, Souleymane Daouda (3e à g.) et Maxime Mokom (1er à dr.) sont devenus respectivement ministres de l'Elevage et du DDR.
© RFI/Gaël Grilhot

La Centrafrique a un nouveau gouvernement. Cette recomposition du pouvoir fait suite aux accords de paix de Khartoum signés à Bangui le 6 février, prévoyant la nomination d’un nouveau gouvernement inclusif. Il a été révélé dimanche 3 mars avec la lecture à la radio nationale du décret portant nomination.

Il aura fallu une semaine pour que Firmin Ngrebada, ancien directeur de cabinet du président Touadéra et nommé Premier ministre lundi, ait un gouvernement. L'équipe dévoilée ce dimanche 3 mars au matin compte 37 ministres. Un noyau dur sortant est reconduit. Economie, Finances, Défense, Justice, Mines, Action humanitaire, Affaires étrangères, Santé… Au total, une vingtaine de ministres sont maintenus dans leurs fonctions. L’équipe de proches du président Touadéramise en place lors du deuxième gouvernement Sarandji en 2017 tient donc toujours la barre.

Le principal changement se trouve du côté des groupes armés. Ils étaient six dans le gouvernement précédent, ils sont désormais une petite dizaine. Six des 14 groupes signataires de l’accord de paix conclu à Khartoum début février sont représentés. Parmi les absents remarqués, les 3R de Sidiki.

Le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC), l'Unité pour la Centrafrique (UPC) et Révolution justice (RJ) obtiennent chacun un portefeuille. Deux ministres anti-balaka font leur entrée. Ils emportent quelques postes stratégiques comme celui du DDR (Démobilisation Réinsertion et Rapatriement), attribué à Maxime Mokrom, leader d'une des branches anti-balaka. Celui de l’Elevage, lié à la question sensible de la transhumance, revient à Souleima Daouda de l'UPC.

Mais dimanche soir, dans un communiqué, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FRPC), qui y figurait avec le ministère du Développement, de l'Energie et des ressources hydrauliques ainsi que celui des Eaux et Forêts, a finalement affirmé qu'il « ne participera pas à ce gouvernement de mascarade ». Son président, Nourredine Adam, dénonce la création d’un « ancien nouveau gouvernement ». Dans un communiqué précédent, datant du 21 février, le FPRC revendiquait huit portefeuilles, dont celui de Premier ministre. L’accord ne précisait rien sur ce point.

D’autres personnalités font par ailleurs leur entrée. Notamment certains proches des anciens présidents Djotodia et Bozizé. Quelques partis d’opposition ont également obtenu un portefeuille.

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