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Centrafrique

RCA: le processus de paix remis en cause par certains groupes armés

Vue de la capitale Bangui, en RCA, le 29 septembre 2015.
© AFP PHOTO/EDOUARD DROPSY

En Centrafrique, moins de 24 heures après la proclamation du gouvernement élargi par le nouveau Premier ministre l’unité de façade se fissure. Des groupes armés sont montés au créneau et dénoncent un gouvernement qui ne tient pas compte de l'accord de paix signé à Bangui le 6 février dernier.

Nous donnons 72 heures pour revoir la composition de ce gouvernement.

Abakar Sabone, conseiller politique et porte-parole du FPRC
04-03-2019 - Par Esdras Ndikumana

Les communiqués tombent les uns après les autres depuis ce dimanche soir. C'est d'abord le FPRC de Noureddine Adam, l'un des principaux groupes armés de Centrafrique qui a ouvert le bal, en annonçant son retrait d'un gouvernement qui n'est pas inclusif selon ce groupe. Son conseiller politique et porte-parole, Abakar Sabone, vient de lancer au président Faustin-Archange Touadéra un ultimatum de trois jours pour qu'il mette en place un gouvernement conforme à l'accord de paix. Et il s'adresse aux garants de l'accord de paix de Khartoum, notamment à l'Union africaine, le principal artisan de ce texte, en leur demandant de mener « les actions idoines de conciliation et d'arbitrage ».

Le FDPC de Abdoulaye Miskine qui n'est pas lui représenté au gouvernement a suivi. Il a annoncé son retrait « pur et simple du processus de paix » en cours dans son pays. Le MLCJ de Ali Abdaraman, qui parle d'un gouvernement « exclusif et discriminatoire », appelle le président et son Premier ministre à revoir leur copie. Enfin, le MPC de Mahamat al-Khatim dit considérer désormais que l'accord de paix négocié à Khartoum est « caduc ».

De son côté, le Premier ministre a fait une déclaration lundi après-midi appelant « à éviter tous les actes qui pourraient nous ramener en arrière ». « Le gouvernement n’est que le début du processus », a-t-il ajouté. « Il n’était pas possible de faire rentrer dans le gouvernement cinq personnes par groupe armé […] Cela aurait donné un gouvernement pléthorique », complète Ange-Maxime Kazagui, le porte-parole du gouvernement. Des postes devraient leur être attribués prochainement à la présidence, à la Primature, dans les institutions de la République ainsi que dans les organes de suivi de l’application de l’accord.

Un poste ministériel en plus

Pour le moment, les groupes armés, qui disent mener une action concertée, cherchent surtout à faire pression sur le gouvernement centrafricain et obtenir plus de postes. Six groupes armés - sur les 14 qui ont participé aux négociations - ont obtenu des postes ministériels. Ils avaient déjà six représentants dans le gouvernement sortant et ils ont obtenu cette fois sept postes sur 37, soit un de plus. Ils estiment donc que ça n'est pas assez d'autant que les groupes armés n'ont pas eu la primature qu'ils convoitaient.

Le nouveau Premier ministre Firmin Ngrebada s'est officiellement exprimé dans une vidéo publié sur sa page Facebook et se dit prêt au dialogue. L’Union africaine note une certaine impatience et des incompréhensions, mais reste confiante qu’une solution va être trouvée entre les deux parties.

Il s’agit d’aller vraiment vers la paix. Et nous savons qu’une des conditions c’est qu’il y ait une inclusivité de tous dans la Nation. Et tout le monde s’est accordé et c’est ce qu’est en train de faire le Premier ministre, chef du gouvernement. Nous sommes tout à fait conscients, nous voulons le dire à présent, que très bientôt il y aura certains des représentants de ces ex-groupes armés qui auront l’opportunité de servir la Nation à la présidence de la République, à la primature dans des institutions de la République et aussi et surtout dans tout le dispositif qui est en train d’être mis en place pour faire le suivi de l’accord négocié à Khartoum et signé à Bangui.

Ange-Maxime Kazagui, porte-parole du gouvernement
04-03-2019 - Par Charlotte Cosset

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