Les ânes décimés par une maladie au Niger: une société agropastorale fragilisée

Au Niger, les ânes sont un pilier de l'économie agropastorale: transport, agriculture, traction... l'âne est sur tous les fronts (photo d'illustration, mars 2016).
© ISSOUF SANOGO/AFP

A Agadez, au Niger, la gourme équine ou angine du cheval fait rage. Depuis décembre 2018, ce sont plus de 4 000 ânes qui sont morts de cette maladie bactérienne contagieuse. Ingall, zone pastorale par excellence, située dans le nord désertique du pays, est la plus touchée. Jusqu'ici, aucune solution concrète n'a pu être trouvée par les autorités pour éradiquer cette maladie.

Les éleveurs sont profondément touchés par cette situation comme nous l'explique Brahima Dodou, secrétaire exécutif de l'AREN, l’Association pour la redynamisation de l’élevage au Niger. Ce sont des milliers et des milliers d’ânes qui sont en train de mourir, alerte Brahima Dodou. « C’est une hécatombe ! C’est quelque chose que nous n’avons jamais vécu ou vu. En tout cas, des ânes par milliers meurent en un laps de temps très court ».

Aderbissinat et Ingall sont les zones les plus touchées par cette zoonose. La gourme est une maladie infectieuse potentiellement mortelle pour les chevaux et les ânes et très contagieuse. Elle est causée par une bactérie, Streptococcus equi subspecies equi. L'animal présente de la fièvre, une perte d'appétit, des sécrétions anormales au niveau des naseaux et parfois des abcès.

L'âne occupe une place stratégique dans les sociétés pastorales

L'âne joue un rôle économique et social fondamental dans ces économies agropastorales. « Avec la transhumance et le nomadisme, les maladies se propagent très rapidement. La crainte que nous avons, c’est que les hommes soient contaminés. Mais l’impact est énorme au plan social et au plan économique. L’âne occupe une place stratégique dans le système pastoral et le nomadisme. C’est avec l’âne qu’on fait des transports, c’est avec l’âne qu’on puise de l’eau, quand on fait des déménagements… Sans l’âne, on ne peut rien faire en milieu pastoral ».

L'âne est le moyen de transport le plus commun pour des millions de paysans du Niger, un des Etats les plus pauvres du monde, qui compte plus de 1,5 million d'ânes, selon les statistiques officielles. L'espèce avait déjà été mise en péril par des exportations massives d'animaux vers le Nigeria voisin. La peau et la viande de l'âne sont très prisées en Chine notamment. En 2016, Niamey avait interdit toute exportation et abattage d'ânes pour les protéger.

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