Elections régionales au Nigeria: le dépouillement a commencé

Dépouillement à Lagos, le 9 mars.
© REUTERS/Adelaja Temilade

Les Nigérians ont voté samedi pour élire les futurs gouverneurs et représentants des assemblées locales des Etats, un scrutin où le parti du président Muhammadu Buhari espère conforter sa victoire après la présidentielle de fin février. 

Le scrutin s’est  globalement déroulé dans le calme. Néanmoins, des faits de violence mais aussi des crimes ont une nouvelle fois entachés l'exercice électoral. Destructions de matériel électoral, intimidations physiques et psychologiques, coups de feu, achats de voix ont été signalés dans plusieurs Etats.

La « Situation room », une coalition d’environ 70 organisations de la société civile, a toutefois fait état de 7 morts. Temitope Olatoye était un parlementaire, membre de l'ADP, le parti démocratique de l'action. Mortellement blessé, ce politicien d'une quarantaine d'années est tombée par balle comme au moins six autres victimes. Un chiffre largement en dessous des 53 personnes tués lors des élections présidentielles. Néanmoins, la présence imposante des forces de sécurité n'a pas dissuadé l'irruption de milices, de bandes armées ou d'individus isolés dans certains bureaux de vote.

Et parfois ces forces de sécurité n'ont pas suivi leur mission à la lettre. Comme dans l'Etat de Rivers, des observateurs rapportent des cas où des militaires auraient perturbé le déroulement du scrutin et même intimidé des électeurs. L'agence fédérale contre les crimes économiques a signalé des flagrants délits d'achats de voix notamment dans l'Etat de Kwara, de Benue et de Kano ou encore d'Ogun.

Globalement le scrutin s'est déroulé correctement dans la très large majorité des bureaux de vote. Pourtant le sentiment d'insécurité qu'inspirent les élections au Nigeria est loin de reculer. Tout au long de la journée, les principaux responsables politiques ont lancé hier des appels au vote. Et une nouvelle fois des millions de détenteurs de cartes biométriques ne se seraient pas déplacés.

La coalition avait mis en garde contre une escalade de la violence entre partis politiques, notamment dans quelques Etats-clés où la course au poste de gouverneur s’annonce serrée.

Ces postes sont particulièrement convoités, car ils tiennent les cordons de la bourse dans des domaines clés comme l’éducation, la santé, les infrastructures.

Parmi les Etats où la course s’annonce serrée, l'Etat de Lagos, le plus peuplé du Nigeria avec quelque 20 millions d’habitants et locomotive économique du pays. Un Etat où le parti au pouvoir, l’APC, semble perdre progressivement du terrain. Course serrée également dans l'Etat de Kano dans le nord du pays.

Le dépouillement a commencé après la clôture des bureaux de vote et les résultats devraient être annoncés dans les prochains jours.

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