Niger: des migrants soudanais manifestent dans leur camp de transit

En juin 2018, des réfugiés du camp de transit d'Agadez protestaient contre les violences dont ils se disaient victimes.
© BOUREIMA HAMA / AFP

A Agadez, des réfugiés soudanais fuyant les combats en Libye, et qui sont actuellement internés dans un camp de transit dans la ville du nord du Niger, exigent l'accélération du traitement de leur dossier de demande d'asile. Pour faire monter la pression, ils n'hésitent pas à organiser des manifestations violentes et à s'en prendre au personnel humanitaire. Le gouverneur de la région d'Agadez est sorti de sa réserve et avertit les réfugiés que leur comportement est intolérable.

L’avertissement des autorités nigériennes à l’endroit des 1 400 Soudanais en attente de statut de réfugiés, est on ne peut plus clair : l’Etat du Niger, selon le gouverneur d’Agadez, n’acceptera pas l’installation de l’instabilité dans le camp géré par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Depuis quelque temps, des troubles organisés par certains réfugiés sont signalés dans le camp, un site de cinq hectares où le HCR a installé 225 maisons préfabriquées en dehors de la ville d’Agadez.

Lors de la dernière manifestation mardi 5 mars, les réfugiés s’en sont pris au personnel humanitaire. Certains ont même été physiquement agressés, dit-on.

Les réfugiés soudanais se disent discriminés

À travers ces actions violentes, les réfugiés soudanais entendent mettre ainsi la pression sur les autorités nigériennes et le HCR pour accélérer leur dossier de demande d’asile. Les réfugiés soudanais, en majorité des hommes, dénoncent tout ce qu’ils appellent « la discrimination » dont ils sont victimes au centre de tri, où sont traitées les demandes d’asile.

En effet, des dizaines de réfugiés érythréens et éthiopiens, passés par ce centre de tri, sont déjà installés dans plusieurs pays européens, ce qui a choqué les Soudanais. Arrivés à Agadez en 2017, fuyant les combats et l’esclavage en Libye, certains d’entre eux sont soupçonnés d’appartenir à des groupes armés, ce qui fait que pour des raisons sécuritaires, aucun pays ne veut de leur présence sur son sol.

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