Emmanuel Macron à Djibouti pour envoyer «un signal politique»

Une rue de Djibouti (photo d'illustration).
© Wikimedia Creative Commons/CC BY 3.0

Emmanuel Macron arrive ce lundi soir à Djibouti, à la pointe de l’Afrique de l’Est. C’est la première visite sur place d’un président français depuis Nicolas Sarkozy en 2010. Le chef de l’Etat veut envoyer un message de soutien au partenaire historique de la France dans la corne de l’Afrique alors que la région est en plein bouleversement.

Avec notre envoyé spécial à Djibouti,  Anthony Lattier et notre correspondant régional, Sébastien Nemeth

« Entre la France et Djibouti, c’est souvent je t’aime, moi non plus. » C’est ainsi que résume une spécialiste de la région les relations entre Paris et son ancienne colonie. Des relations aujourd’hui meilleures que par le passé : la venue d’Emmanuel Macron en est l’illustration.

François Hollande avait lui attendu les dernières semaines de son mandat pour recevoir son homologue Ismaël Omar Guelleh à Paris, lors d’une discrète rencontre sans déclaration officielle. Le président djiboutien s’était d’ailleurs déjà plaint en 2015 de voir son pays délaissé par les Français.

En passant une nuit sur place, Emmanuel Macron va même plus loin que Nicolas Sarkozy, seul président français à être allé à Djibouti, c’était en 2010.

Visite de la base militaire française

Après un entretien avec son homologue Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, le chef de l’Etat français visitera la base militaire où se trouvent près de 1 500 personnes, le plus gros contingent français en Afrique.

Mais Djibouti n’est plus la chasse gardée de la France puisque se trouvent aussi sur place des bases, américaine, japonaise et surtout chinoise. La Chine à l’influence toujours grandissante.

à (re)lire: Djibouti, sentinelle de la Corne de l'Afrique

Même si la France a encore un statut particulier dans le pays, elle n’en profite plus d’après Sonia Le Gouriellec. « Paris a conservé une image de protecteur et d’allié beaucoup plus ancien. Mais cette image a été assombrie par le sentiment d’un désengagement militaire, politique et économique », explique la chercheuse.

Emmanuel Macron veut donc réaffirmer la présence de la France sur place. Il envoie, selon ses proches, un « signal politique » à son partenaire historique. Un partenaire dont la position de pivot stratégique dans la région est fragilisée par l’ouverture récente de l’Erythrée, qui ouvre de nouveaux corridors vers l’Ethiopie. Paris veut que Djibouti « ait toute sa place » dans la recomposition en cours.

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