Ramaphosa au Zimbabwe pour discuter coopération économique

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa à son arrivée à Harare, capitale du Zimbabwe, le 12 mars 2019.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a rencontré son homologue Emmerson Mnangagwa ce mardi. 45 accords bilatéraux ont été signés. Une visite qui s’effectue alors que le Zimbabwe est à genoux économiquement. La semaine dernière l’Union européenne ainsi que les Etats-Unis ont renouvelé leurs sanctions contre Harare. Et le président Mnangagwa tente désespérément d’obtenir une aide financière pour relancer l’économie.

Sur son compte Twitter, Cyril Ramaphosa publie la vidéo de son arrivée à Harare en remerciant son homologue zimbabwéen pour son « accueil chaleureux et dynamique. Le Zimbabwe abrite de nombreux Sud-Africains qui ont passé de nombreuses années en tant qu'invités du peuple zimbabwéen pendant la lutte contre le colonialisme et apartheid. En effet, nous nous sentons chez nous ici », écrit-il.

Au centre de la visite de Cyril Ramaphosa à Harare : une aide financière de Pretoria. Depuis son élection l’année dernière, le président zimbabwéen promet un redressement de l’économie, un retour des investisseurs qui ne s’est pas concrétisé.

Emmerson Mnangagwa a tenté d’obtenir des aides auprès des principaux bailleurs, mais sans succès. Fortement endetté, Harare est inéligible auprès du FMI ou de la Banque mondiale. Mnangagwa s’est donc tourné vers son voisin.

Lors d’une conférence de presse conjointe mardi matin, il a réitéré sa détermination à relancer l’économie de son pays, rappelé les réformes mises en place par son gouvernement depuis son arrivée, appelé à la solidarité régionale, tout en vilipendant les sanctions internationales qu’il juge injustes.

« Nous ne réussirons pas seuls, pas sans l’aide d’amis comme l’Afrique du Sud », a-t-il lancé au président sud-africain.

Cyril Ramaphosa a eu une réponse prudente : « L'Afrique du Sud est prête à soutenir le Zimbabwe dans ses efforts de relance économique dans la mesure de ses moyens », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse en soulignant que l'Afrique du Sud émerge elle-même d’une période difficile. « Aujourd’hui nous réitérons notre engagement à travailler avec le Zimbabwe pour surmonter les problèmes sociaux économiques auxquels sont confrontés nos deux pays. Nous félicitons ce nouveau gouvernement pour ses efforts afin de sortir le Zimbabwe de ses difficultés et en faire un collaborateur fiable pour l’Afrique du Sud, la région et autres partenaires. »

Mais pas un mot d’une offre concrète d’assistance. En décembre dernier, Pretoria avait décliné une demande de Harare de crédit d’urgence. Le président sud-africain a également regretté la décision des Etats-Unis et de l’Europe de prolonger leurs sanctions contre Harare les qualifiant d’injustes. Et appelant au soutien de la communauté internationale.

Mais pour Nkosana Moyo, économiste et ancien ministre zimbabwéen de l’Industrie, ce ne sont pas les sanctions qui étouffent son pays, mais la mauvaise gestion.

« C’est nous Zimbabwéen qui avons détruit notre pays, pas la communauté internationale, comme ne cesse de l’affirmer le parti au pouvoir, affirme-t-il. Ce qui étrangle le Zimbabwe, c’est la corruption et la mauvaise gestion des entreprises d’Etat. Si le président Mnangagwa veut convaincre la communauté internationale que le Zimbabwe est ouvert aux investisseurs étrangers, il doit d’abord régler les problèmes internes : le problème de corruption, arrêter les dépenses inutiles alors que le peuple souffre. Il faut respecter les droits de l’homme, ne pas tuer les gens. Juste après les élections, la police a abattu des manifestants, elle a réitéré le mois dernier, le gouvernement a coupé internet. Comment voulez-vous après cela convaincre les investisseurs de revenir dans le pays ? Cela n’est pas possible. »

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