Djibouti, sentinelle de la Corne de l'Afrique

Photo prise le 1er août 2017 lors de l'inauguration de la base militaire chinoise de Djibouti. (Illustration)
© STR / AFP

Emmanuel Macron est ce mardi 12 mars à Djibouti, allié historique et stratégique de la France. Neuf ans après la dernière visite d'un président français - Nicolas Sarkozy - sur place, le chef de l'Etat a un entretien bilatéral avec son homologue Ismaïl Omar Guelleh mardi matin avant de se rendre sur la base militaire française, la plus grande d'Afrique, qui compte 1 450 soldats. La France est le partenaire militaire historique de ce petit pays de la Corne de l'Afrique, mais l'armée française n'est plus seule à Djibouti.

Depuis l'indépendance de Djibouti, il y a toujours eu des militaires français dans le pays mais les effectifs n'ont cessé de chuter : 4 300 en 1978, 2 400 dans les années 2000, avant d'arriver au seuil actuel 1 450, le minimum pour assurer les garanties sécuritaires comprises dans l'accord de défense avec Djibouti révisé en 2011.

L'armée française a choisi Djibouti pour entraîner ses troupes en milieu désertique mais c'est aussi et surtout une base opérationnelle avancée dans la Corne de l'Afrique. Au large des côtés djiboutiennes, 35% des flux mondiaux de pétrole passent par le détroit de Bab-el-Mandeb.

Le chef du Pentagone, James Mattis, salue un détachement de troupes françaises, ce dimanche 23 avril 2017, au Camp Lemonnier, à Djibouti, qui accueille la seule base américaine en Afrique. © REUTERS/Jonathan Ernst

Après les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont choisi Djibouti pour conduire leurs opérations anti-terroristes au Yémen et en Somalie. Les premiers drones américains y sont arrivés en 2003 et le Camp Lemonier n'a cessé de s'étendre : 5 000 hommes y vivent et y travaillent chaque jour.

L'armée chinoise, pour sa part, a commencé par envoyer des frégates dans la région, puis a construit un hôpital, et enfin une énorme base militaire qui serait désormais capable d'accueillir 10 000 hommes en cas de crise.

Enfin, le Japon, lui aussi, a profité des opérations de lutte contre la piraterie pour s'établir à Djibouti. L'Arabie saoudite, en guerre au Yémen, y maintiendrait une présence militaire très discrète alors que les Emirats arabes unis, eux, se sont installés à Assab en Erythrée voisine.

A (re)lire: Djibouti, Ethiopie, Kenya: les détails de la tournée africaine de Macron

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