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Nigeria

Nigeria: les résultats des élections générales marqués par les enjeux locaux

La Commission électorale collecte les résultats au Nigeria, après les élections générales du samedi 23 février (illustration).
© REUTERS/Nyancho NwaNri

Au Nigeria, les résultats des élections des gouverneurs donnent une légère avance au parti au pouvoir, le Congrès des progressistes, qui remporte 13 Etats. Ce scrutin, qui s'est tenu le samedi 9 mars, concernait 29 des 36 Etats de la fédération. Il s'est globalement bien déroulé. Les électeurs sont toutefois appelés de nouveau aux urnes samedi prochain dans au moins six Etats. C'est une bataille autour d'enjeux locaux.

La Commission électorale a déclaré les résultats incomplets dans l'Adamawa, Bauchi, Sokoto, Kano, Benue et Plateau. Dans ces Etats, les deux principales formations politiques sont au coude à coude. Et le nombre de votes annulés -en raison de violences et/ou d'irrégularités- dépasse l'écart de voix entre le Congrès des progressistes (APC) et le parti démocratique populaire (PDP) : il faut donc recommencer le scrutin, d'ici trois semaines dans certaines localités pour mieux départager les candidats.

Pour Jibrin Ibrahim, observateur de la vie politique, cela traduit surtout «le dynamisme d'une compétition entre leaders politiques au niveau local». Exemple à Kano, mégalopole du nord et bastion de l'APC : Kano a permis à Muhammadu Buhari de conforter sa victoire à la présidentielle, mais les résultats provisoires des élections régionales donnent l'opposition en tête. Là-bas, Abdullahi Ganduje -gouverneur sortant de l'APC- semble souffrir de son image d'homme corrompu suite notamment, à la diffusion en octobre dernier, d'une vidéo le montrant en train de prendre des pots-de-vin. Pour Jibrin Ibrahim, «cet exemple illustre à quel point les électeurs, lorsqu'il s'agit de choisir leur dirigeant au niveau local, ne suivent plus la ligne édictée par le parti majoritaire».

Dans le centre, le vote va devoir reprendre dans certaines localités de Benue et de l'Etat du Plateau, deux Etats dominés par des problèmes de violences entre éleveurs et agriculteurs... Des conflits liés à la répartition des ressources et qui divisent les communautés locales. Dans le Benue, par exemple, le gouverneur sortant, Samuel Ortom, qui porte la casquette du PDP, a largement mené sa campagne sur cette question. Son point faible: les habitants lui reprochent des arriérés de salaires concernant les fonctionnaires.

Autre inconnue : l'Etat de Rivers, où le processus électoral a dû être suspendu à cause de violences et d'irrégularités.

De son côté, le PDP revendique la victoire dans tous les Etats où le vote a été invalidé. Ce principal parti d'opposition accuse la Commission électorale, l'Inec, de collusion avec le parti au pouvoir.

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