L'opposition mauritanienne en ordre dispersé en vue de la présidentielle

Biram Dah Abeid, leader du mouvement anti-esclavagiste IRA, lors d'une conférence de presse à Dakar, le 29 septembre 2016.
© AFP Photos/Seyllou

Les concertations entre les partis d’opposition mauritaniens se sont achevées ce mardi soir. Ils n'ont pas réussi à se mettre d’accord sur un nom consensuel, il n’y aura donc pas de candidature unique. C'est un constat d’échec, même si ces partis s’engagent à reporter leur voix sur celui qui serait qualifié au second tour.

Cet échec n'est pas si surprenant, car il n’y a jamais eu d’alliance pour un premier tour d’élection présidentielle en Mauritanie. Certains en avaient rêvé, mais mardi soir, les partis d’opposition, réunis dans le cadre d’une alliance électorale, ont définitivement pris acte du fait qu’ils n’arriveraient pas à se mettre d’accord sur un nom.

L'union fait la force et permet de mieux riposter. C'était au départ le moteur des partis d'opposition inquiets par une éventuelle candidature du président Ould Abdel Aziz, interdite par la Constitution mais pour laquelle ses partisans ont milité jusqu'au dernier moment. Avec l'annonce du nom du dauphin du chef de l'Etat, la perspective d'un troisième mandat s'est évaporée et avec elle, la nécessité impérieuse de s'unir. Les tractations ont cependant continué jusqu'à ces derniers jours, mais avec la ferveur en moins.

En cause, trop de divergences entre ceux qui plaidaient pour un candidat issu des rangs de l’opposition, mais difficile de trouver un consensus sachant que deux des leaders historiques n'ont plus l'âge de concourir et que l'opposant Biram Dah Abeid n'a pas réussi à rassembler sur son nom. « Imposer un nom qui n'aurait pas été consensuel aurait pu avoir pour effet de nous diviser », précise un des leaders de l'opposition.

Et ceux qui défendaient l’idée d’un candidat extérieur capable de fédérer tout le monde. C’était notamment le cas, du parti islamiste Tawassoul, favorable à la candidature d’un ancien Premier ministre, Sidi Mohamed Ould Boubacar, qui ne s’est lui pas encore prononcé.

Consensus sur un soutien au second tour

Chacun est donc libre, désormais, d’y aller ou pas. L’opposition s’est au moins entendue sur un point : elle soutiendra le candidat de l’opposition qui sera au second tour. Cet accord pourrait-il s’appliquer éventuellement à la candidature de Biram Dah Abeid ? C’est l'une des questions qui pourrait se poser. Le leader anti-esclavagiste a, en effet, décidé de ne pas attendre la décision de l’opposition pour se présenter. Il n’en reste pas moins un opposant au pouvoir en place, qui était arrivé en deuxième position lors de la dernière présidentielle.

En attendant le scrutin prévu au mois de juin, l’opposition entend rester unie pour réclamer plus de transparence dans le processus électoral.

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