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RDC: l'ONU confirme le caractère «organisé» et «planifié» des tueries de Yumbi

Une maison incendiée à Yumbi en RDC.
© RFI/Patient LIGODI

Les actes de violence commis à Yumbi pourraient constituer des crimes contre l'humanité, affirme l'ONU dans un rapport rendu public lundi 12 mars. Yumbi, c'est ce territoire de la province du Mai-Ndombe en République démocratique du Congo, où à la mi-décembre, juste avant les élections, ont été menées plusieurs attaques meurtrières sur la communauté Banunu, faisant au moins 535 morts.

D'abord, il y a l'ampleur du bilan : au moins 535 morts, 111 blessés et 16 000 déplacés ont été répertoriés par l'ONU. 967 bâtiments détruits également, des habitations pour l'essentiel, mais aussi 14 églises et 17 écoles.

Des attaques qui ont été préméditées, confirme l'ONU, et coordonnées au moins au niveau de certaines chefferies coutumières Batende, l'ethnie rivale des Banunu. Et c'est au sein de cette communauté qu'ont été identifiés la majeure partie des assaillants.

Il ressort de nos enquêtes que les attaques étaient bien planifiées et bien organisées et qu'elles étaient dessinées pour porter atteinte à l'intégrité physique et aux biens de la communauté banunu...

Directeur du Bureau conjoint des Nations unies et représentant du Haut-Commissaire des droits de l'homme en RDC, Abdoul Aziz Thioye
12-03-2019 - Par Sonia Rolley

► RDC : Yumbi, un massacre prémédité

Les assaillants, et c'est une signe de préméditation, sont arrivés avec des peintures de guerre, des armes à feu, des armes blanches et même des bidons d'essence pour incendier les maisons. Certains de leurs habitants sont d’ailleurs morts calcinés avant d'avoir pu s'échapper. Autre détail horrifiant : la répétition des cas de mutilation des parties génitales des victimes.

Ces attaques ont été facilitées par une absence de réaction de l'Etat, dont les représentants, notamment le gouverneur, auraient pourtant été alertés en amont. Si certains militaires ont tenté de réagir et ont même été tués, selon les informations recueillies par l'ONU, d'autres témoignages concordants, dit ce rapport, évoquent des hommes en tenue militaire et des rapports médicaux font bien état de l'utilisation d'armes automatiques. Mais l'ONU dit ne pas être en mesure de confirmer la participation de membres de forces de sécurité.

Lire le rapport de l'ONU

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