RDC: les opposants Firmin Yangambi et Franck Diongo graciés par Félix Tshisekedi

L'opposant Franck Diongo le 12 janvier 2015 à Kinshasa, en République démocratique du Congo.
© PAPY MULONGO / AFP

En République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a signé les ordonnances visant à libérer les prisonniers politiques et d'opinion. Elles ont été lues à la télévision officielle, mercredi 13 mars, et commentées par le directeur de cabinet du chef de l'Etat.

C'est fait pour les deux opposants Firmin Yangambi et Franck Diongo. Ils ont bien été graciés par Félix Tshisekedi. Le directeur de cabinet du président Tshisekedi est venu l'expliquer lui-même. Vital Kamerhe l'assure, ce n'est que le début des mesures. Firmin Yangambi et Franck Diongo faisaient partie des cas dits emblématiques de prisonniers politiques sur lesquels l'opposition insistait depuis 2016. Précision du directeur de cabinet : environ 700 personnes sont concernées par cette décision dans l’ensemble du pays.

Un troisième nom figurait sur cette liste, celui d'Eugène Diomi Ndongala, le président de Démocratie chrétienne, proche d’Etienne Tshisekedi. Pas de grâce présidentielle pour lui, même si c'est ce que recommandait le Conseil national de suivi de l'accord politique (CNSA) de la Saint-Sylvestre, chargé de faire le suivi des mesures de décrispation.

Selon Vital Kamerhe, ce n'est que partie remise, une autre procédure devrait être suivie pour lui. C'est le ministre de la Justice sortant, Alexis Thambwe Mwamba, qui devrait signer ce jeudi 14 mars un arrêté de remise en liberté conditionnelle, l'opposant ayant purgé les trois quarts de sa peine. Cette annonce ne rassure pas l'entourage d'Eugène Diomi Ndongala qui redoute « un acharnement de la coalition pro-Kabila ».

Nous ne pouvons pas comprendre qu'aujourd'hui il ne soit pas bénéficiaire d'une mesure de grâce.
Cédric Mudiantu, porte-parole de Démocratie chrétienne
14-03-2019 - Par Sonia Rolley

Par ailleurs, le directeur de cabinet du président a lancé un appel « à toute personne concernée par l’arrestation d’un membre de sa famille entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2018 de se signaler ». Vital Kamerhe a assuré que tous ceux qui ont été arrêtés pour des faits politiques pourront être libérés.

Un ministre de Kabila révoqué

Dans la même communication, des mesures de suspension pour mauvaise gestion et insubordination ont également été annoncées. Elles visent Me Lumeya, ministre des Affaires foncières de l’équipe sortante, mais aussi le président de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications, ainsi que le directeur général de la Société commerciale des transports et ports (ex-Onatra) et son adjoint qui, eux, devront faire l’objet d’un audit.

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