Soudan: un nouveau gouvernement pour tenter d'enrayer la contestation

Les membres du nouveau gouvernement soudanais prêtent serment au palais présidentiel de Khartoum, le 14 mars 2019.
© ASHRAF SHAZLY / AFP

Alors que les manifestations contre le régime d’Omar el-Béchir continuent au Soudan, un nouveau gouvernement a prêté serment jeudi 14 mars. Il devra s’attaquer aux problèmes économiques.

Vingt et un ministres et dix-huit ministres d’Etat seront donc chargés de s’attaquer aux problèmes économiques du Soudan. Face à l’ampleur des manifestations dans le pays depuis près de trois mois, le chef de l’Etat Omar el-Béchir avait dissous son cabinet fin février et instauré l’état d’urgence.

Le nouveau Premier ministre Mohamed Taher Eila, nommé le mois dernier, a reconnu que les prix élevés des produits, comme le pain et le carburant, étaient un réel problème pour les Soudanais. Et devait être réglé immédiatement.

En février, l’inflation a atteint les 44%, le mois précédent 43%. Et en décembre dernier, le prix du pain qui a triplé a déclenché la contestation.

Le Premier ministre a promis qu’il s’agirait d’une priorité. Il s’est également engagé à lutter contre la corruption et à entamer un dialogue avec l’opposition politique.

Nouvelle manifestation

Ce changement de gouvernement va-t-il être suffisant pour calmer les Soudanais ? C’est le troisième remaniement en moins de deux ans. Et malgré la promesse du chef de l’Etat de mettre en place un gouvernement d’experts et de technocrates, de nombreux ministres ont conservé leur poste, notamment celui des Affaires étrangères et de la Défense.

De leur côté, les manifestants se sont dits déterminés à continuer leur mouvement, malgré l’état d’urgence et la répression. Aujourd’hui encore, ils étaient plusieurs centaines à défiler dans les rues de la capitale pour demander la démission d’Omar el-Béchir.

Un ministre russe à Khartoum

En pleine contestation, la Russie vient apporter son soutien à son allié Omar el-Béchir. Le ministre adjoint des Affaires étrangères est attendu à Khartoum officiellement pour parler de coopération bilatérale. Il y a un an, les deux pays ont signé une série de contrats concernant l’extraction de ressources naturelles.

Moscou est le principal fournisseur d’armes au Soudan. Et dernièrement, le Parlement soudanais évoquait un accord permettant l’ouverture d’une base militaire russe au Soudan.

Sera-t-il question d’aide financière pour une économie soudanaise chancelante, alors que Khartoum a jusqu’à présent échoué à sécuriser des aides auprès de ses alliés traditionnels, l’Arabie Saoudite et le Qatar ?

La visite du diplomate russe suscite des interrogations. D’autant plus que depuis janvier, la société russe de sécurité Wagner est soupçonnée de prêter main-forte aux services soudanais pour mater la contestation.

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