Cyclone au Mozambique: le bilan humain «pourrait dépasser les 1000 morts»

Après le passage du cyclone Idai, au Mozambique, le 18 mars 2018.
© AFP PHOTO / MISSION AVIATION FELLOWSHIP / RICK EMENAKET

Au Mozambique, l'heure est au décompte après le passage du cyclone Idai dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 mars. Les vents violents, associés à des pluies torrentielles qui ont touché la côte avant de poursuivre leur course folle au Zimbabwe ont fait, pour le moment, 182 morts dans les deux pays. Ce bilan pourrait considérablement s'aggraver, selon les autorités mozambicaines, notamment à Beira, une importante ville du pays.

La ville de Beira, qui compte un demi-million d'habitants, a été dévastée. L'étendue des dégâts y est « énorme et terrifiante », indique la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), dans un communiqué. 

« 90 % de Beira et de ses alentours ont été endommagés ou détruits », écrit la FICR. Selon plusieurs témoignages et les images postées sur les réseaux sociaux, les rues de la ville sont jonchées d'arbres déracinés, d'éclats de verre et de tôles emportées.

Des images aériennes, transmises par l'organisation Mission Aviation Fellowship, montrent aussi des dizaines de personnes bloquées sur les toits de bâtiments en dur, entourés d'eau.

Carlitos était chez lui, ce jeudi soir quand le cyclone a tout emporté. « J’étais à l’intérieur de la maison, il pleuvait, raconte-t-il. On a entendu du bruit, comme si la montagne éclatait, explosait. L’eau a commencé à arriver sur nous, depuis la route jusqu’à chez nous. Lorsqu’on s’en est aperçu, on s’est enfui. »

Un bilan provisoire de l'Institut mozambicain de gestion des désastres fait état de 873 maisons emportées dans la région de Beira, 24 hôpitaux détruits et 267 classes d’écoles partiellement ou complètement englouties.

L'inquiétude du président

D’après le président mozambicain, cette situation pourrait encore empirer. Filipe Nyusi était ce lundi matin à Beira. Il a évoqué des corps qui flottent, un véritable désastre humanitaire.

« Pour le moment, nous avons officiellement 84 morts mais quand on a survolé la zone, tôt ce matin, pour comprendre ce qui se passe, tout laisse à penser que le bilan pourrait dépasser les 1 000 morts », a déclaré le président Filipe Nyusi dans une intervention télévisée, à Maputo.

Le chef de l'Etat mozambicain en appelle au renforcement des opérations de sauvetage et a également demandé à ses concitoyens qui habitent près des rivières, de quitter la zone pour sauver leur vie. Plusieurs barrages ont en effet déjà lâché, alors que d'autres ont atteint leur niveau maximum.

Le Mozambique est régulièrement frappé par les intempéries. En 2000 déjà, des crues avaient causé la mort de 800 personnes. Mais selon les météorologistes, Idai serait le cyclone le plus puissant que l’Afrique australe ait connu ces dix dernières années.

Au-delà des innombrables défis auquel est confronté le Mozambique, la ville de Beira à un besoin urgent d'aide. Pour le moment, il est difficile de rejoindre la province, parce qu'il n'y a plus d'accès terrestre. La province est loin de la capitale Maputo, ce qui rend quasiment impossible l'acheminement de biens matériels. Et puis nous n'avons pas les moyens logistiques nécessaires. Pour l'instant, en termes d'urgence, tout ce que nous pouvons faire c'est envoyer de l'argent d'ici.

Appel aux dons de la diaspora mozambicaine après le passsage du cyclone
19-03-2019 - Par Julie Vandal

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