Burkina Faso: deux enseignants enlevés puis exécutés dans le nord du pays

Une fillette devant le tableau d'une salle de classe au nord de Ouagadougou en novembre 2018 (image d'illustration).
© ISSOUF SANOGO / AFP

Deux enseignants ont été enlevés puis exécutés dans le nord du Burkina Faso. Judicael Ouedraogo et Al-hassane Cheickna Sana avaient été kidnappés le 11 mars sur l'axe Kongoussi-Djibo par des individus armés. L'information a été confirmée dans un communiqué publié mardi 19 mars par le ministère de l'Education nationale.

Les corps sans vie des deux enseignants ont été retrouvés à l'entrée de la ville de Koutoukou, à environ 120km de Djibo.

Les deux hommes avaient été enlevés le 11 mars, alors qu'ils rentraient à Djibo, après avoir passé le week-end du 8 à Kongoussi, leur village d'origine. Ils auraient été « emmenés à bord d'un véhicule de Médecins sans frontières, dérobé quelques heures avant », indique une source sécuritaire.

« D'ordinaire, les personnes enlevées sont relachées, cette fois, elles ont été executées », regrette cette même source pour qui le message semble clair puisque le gouvernement a annoncé un vaste programme de réouvertures d'écoles. Depuis 2016, plus d'un millier d'écoles ont fermé, affectant près de 150 000 enfants.

« Nous vivons la peur au ventre »

« Les enseignants vivent dans la peur. L'objectif des ravisseurs est de les traumatiser. C'est indéniablement un coup porté à ce programme », fait observer cette source. Joint à Djibo, un enseignant qui connaissait bien les deux hommes témoigne du climat de psychose qui règne actuellement dans la ville : « Nous vivons la peur au ventre. Je ne peux pas vous parler », explique l'instituteur.

Dimanche dernier, c'est un curé de Djibo qui a été enlevé et dont le diocèse est toujours sans nouvelles.

Le ministère de la Sécurité a publié lundi une liste de 247 individus recherchés pour participation à une entreprise terroriste. Les personnes recherchées sont citées comme complices, chefs de cellules ou combattants.

Ce qui s'est passé, la façon dont deux camarades ont été assassinés est, pour nous, quelque chose d'inqualifiable, d'inadmissible. Toute la communauté éducative est atterrée.

Souleymane Badiel
20-03-2019 - Par Carine Frenk

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.