Mali: le débat sur les unités spéciales antiterroristes est relancé

Soldat touareg de l'armée malienne, le 9 février 2013 (image d'illustration).
© REUTERS/Francois Rihouay

Au Mali, l'attaque de la base de Dioura, dimanche 17 mars, dans le centre du pays, relance le débat sur les bataillons unités spéciales antiterroristes. Ces bataillons sont une disposition de l'article 30 de l'accord de paix d'Alger, qui a mis un terme au conflit dans le nord du pays. Composés d'éléments des groupes armés signataires de cet accord et de militaires des forces armées maliennes, ces bataillons doivent être créés sous peu. Un décret en ce sens a été émis le 8 mars 2019. Mais un des groupes signataires, la Coalition des mouvements de l'Azawad (CMA) a fait part de ses doutes sur la mise en œuvre de ces bataillons.

D'après le décret, les bataillons unités spéciales effectuent des missions militaires d'action de combat, de renseignement et d'assistance dans le nord et le centre du Mali. Mais pour la CMA, toutes les conditions pour leur opérationnalisation ne sont pas encore réunies. Il faut d'abord recomposer l'armée, selon Ilad Ag Mohamed de la cellule de communication : « On doit convenir avec le gouvernement de différents effectifs que d’autres appellent "quotas". On doit convenir du commandement : comment gérer le commandement sur le terrain. Et avoir aussi un PC opérationnel, une sorte d’état-major sectoriel sur le terrain. On ne peut pas envoyer les hommes juste parce qu’il y a des opérations à mener. Il faut envoyer une armée qui reflète une armée nationale. »

Pour les autres groupes signataires, il y a urgence ; en témoigne l'attaque contre la base militaire de Dioura. Selon Fahad Ag Almahmoud, secrétaire général du Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), « Il y a à peu près plus d’un tiers du territoire où l’armée est persona non grata pour défendre les engagements que l’Etat a pris en 2014. C’est du pain béni pour les terroristes, qui ne craignent quasiment rien en dehors des passages de la force Barkhane qui n’a pas tous les effectifs nécessaires pour occuper cette zone. Quand il y aura des unités spéciales, elles auront le droit d’aller partout sur le territoire. »

Et ce responsable du Gatia de conclure : « L’armée régulière a été clouée au sol depuis le début du processus ». Au total, cinq bataillons doivent composer ces unités spéciales antiterroristes.

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