Le Somaliland et l’Erythrée au cœur du nouveau rapport de force dans la région

Une délégation érythréenne vient d'achever une visite officielle de trois jours à Hargeisa (photo d'illustration).
© ©MOHAMED ABDIWAHAB/AFP

Une délégation érythréenne vient d'achever une visite officielle à Hargeisa, capitale du Somaliland. Le Somaliland, Etat non reconnu au nord-ouest de la Somalie, s'est proclamé indépendant au moment de la chute du dictateur Siyad Barré en 1991. Le ministre des Affaires étrangères et le plus proche conseiller du président érythréen ont passé trois jours dans le pays, à grand renfort de publicité. Derrière les témoignages d'amitié, c'est la recomposition des rapports de force dans la région qui est à l'œuvre, avec en toile de fond le grand frère éthiopien et l'argent des Emirats arabes unis.

On avait déployé le tapis rouge et la fanfare, sorti les grands moyens protocolaires au Somaliland pour recevoir les Erythréens. Un bon connaisseur du gouvernement de Hargeisa souligne que c'est une tradition : dès qu'un officiel étranger est en visite, on ne manque pas l'occasion de montrer que le Somaliland, reconnu par personne, n'est pas si isolé qu'on le croit.

Alors, si elle n'a donné lieu qu'à de banales déclarations d'amitié, cette visite est surtout révélatrice, d'abord de l'impact du nouveau mot d'ordre de l'Ethiopie, qui a fait la paix avec l'Erythrée, pour le climat des affaires et, donc, pour la stabilité. Mais aussi de l'influence des Emirats arabes unis dans la région, sur fond de guerre au Yémen. Car le Somaliland, comme l'Erythrée, est un obligé des Emirats, lesquels sécurisent ainsi une chaîne de ports commerciaux et militaires sur la mer Rouge.

Pour l'Erythrée, c'est aussi la fin de sa mise à l'écart internationale. De source proche des diplomates érythréens, on indique que les envoyés du président Issayas Afewerki étaient venus affirmer leur disposition à jouer les médiateurs dans le divorce avec la Somalie, insoluble depuis 1991. Il faut dire que toutes les médiations ont échoué à ce stade, y compris des pourparlers qui devaient s'ouvrir au Ghana mardi dernier.

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