Algérie: la mobilisation ne faiblit pas après un mois de contestation

Des Algériens défilent dans les rue de la capitale, le 22 mars 2019, un mois après le début de la contestation.
© REUTERS/Ramzi Boudina

Des centaines de milliers de manifestants ont défilé vendredi 22 mars dans les rues d'Alger, pour dénoncer le prolongement du mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Depuis un mois, une marée humaine envahit les rues de la capitale chaque vendredi. Sans parler des centaines, des milliers d'Algériens qui manifestent dans les principales villes du pays, du nord au sud et d’est en ouest. Et leur détermination ne semble pas faiblir, bien au contraire.

La contestation, au départ contre la cinquième candidature d’Abdelaziz Bouteflika, s'est transformée en une protestation contre la prolongation de son mandat, le président ayant entre-temps renoncé à se présenter et reporté les élections sine die. Le temps d'organiser une conférence nationale pour aboutir à une nouvelle Constitution et à de nouvelles élections.

Des mesures qui n'ont fait que renforcer la détermination des manifestants. Drapeau algérien en main, sur le dos ou sur la tête, ils marchent depuis quatre semaines dans un esprit bon enfant et pacifique. Ils sont même salués à l'étranger pour leur civisme.

La mobilisation montre que le régime n'a pas réussi à apaiser la colère. Au contraire, ses dernières annonces ont, semble-t-il, fédéré et rassemblé les Algériens. On retient des images de fraternisation entre manifestants et forces de l'ordre, des couscous solidaires dans la rue et des chants scandés à l'unisson.

Sans leader

Tous les âges et toutes les classes sociales battent le pavé ensemble : fonctionnaires, médecins, avocats, héroïnes de la lutte pour l'indépendance. Sans leadership apparent, tous réclament un changement profond du système et se disent prêts à marcher le temps qu'il faudra.

Le message n'a jusque-là pas suscité de réponse du pouvoir, si ce n'est la confirmation cette semaine encore qu'Abdelaziz Bouteflika resterait bien en poste jusqu'à l'élection d'un successeur. Une posture de fermeté qui a du mal à masquer les fissures qui se multiplient au sein des soutiens traditionnels et politiques du pouvoir.

Le pouvoir n'a pas réussi non plus à former un gouvernement de compétence, dans les délais annoncés. Le Premier ministre algérien doit en principe dévoiler cette semaine son nouveau gouvernement de transition. Mais pour l'instant, aucune annonce du pouvoir n’a été faite en ce sens.

Ce rejet du régime est si massif que personne ne voudrait s’associer à un gouvernement de transition qui, ils le savent, sera manipulé par les militaires. Et donc personne ne veut s’y aventurer…

Lahouari Addi
22-03-2019 - Par Clémentine Pawlotsky

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