Algérie: sous la pluie, la contestation se poursuit à Alger et dans le pays

Nouvelle manifestation contre le président Bouteflika à Alger le 22 mars 2019.
© REUTERS/Zohra Bensemra

En Algérie, ce vendredi 22 mars était un nouveau jour de mobilisation contre le régime. Les manifestants s’opposent toujours à la prolongation du mandat d'Abdelaziz Bouteflika le temps d'une transition. Une nouvelle fois, la foule a envahi la rue encadrée par un important dispositif policier alors que le camp du chef de l'Etat apparaît de plus en plus divisé.

Plusieurs milliers de personnes se sont réunis dans le centre de la capitale, drapeaux en main ou écharpe aux couleurs vert blanc et rouge autour du cou. Les transports publics d’Alger, le tramway, le métro et le train sont restés à l’arrêt durant la mobilisation.

Ce vendredi matin, une pièce de théâtre intitulé Liberté a été jouée sur la place de la Grande Poste et d’immenses embouteillages se sont déjà formés à l’entrée de la ville. Malgré la pluie qui tombe, la mobilisation devrait être importante encore ce 22 mars.

L’appel à manifester a été lancé contre la prolongation du quatrième mandat mais aussi contre la récupération politique de ces manifestations. Les premières pancartes que l’on peut voir depuis la fin de la matinée, c’est encore pour demander le départ du système politique.

Division du pouvoir

Ce vendredi est donc encore une journée test pour le régime, pour le camp du président Bouteflika. Les critiques contre Ramtane Lamamra et Noureddine Bedoui, les deux nouveaux hommes forts du gouvernement, sont virulentes. Mais en dépit de la mobilisation importante la semaine dernière, la position de l’Etat n’a pas bougé d’un pouce, Abdelaziz Bouteflika restera à la tête du pays jusqu’à la fin de la transition. C’est aussi ce qu’a répété Ramtane Lamamra lors de sa tournée à l’étranger cette semaine.

Pourtant, on sent des signes d’une profonde division. D’abord, le gouvernement promis pour cette semaine n’a pas été annoncé. Ensuite, dans les rangs du FLM et du RND, les deux partis de l’alliance présidentielle, certains leaders ont déclaré qu’il fallait soutenir le mouvement populaire. La rue reste donc aujourd’hui un fort moyen de pression face à cette division.

Les citoyens demandent au pouvoir de quitter immédiatement, ce soir, la scène politique.

A Ouargla, Mustapha Gaceb, le président du conseil régional de l'Ordre des médecins du Sud algérien, se prépare à descendre dans la rue
22-03-2019 - Par Clémentine Pawlotsky

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.