Mozambique: les habitants de Beira entre résilience et incompréhension

Après le passage du cyclone Idai, au Mozambique, le 18 mars 2018.
© ADRIEN BARBIER / AFP

Au Mozambique, une semaine après le passage du cyclone Idai, au moins 400 personnes sont mortes et on compte près de 600 000 sinistrés dans la zone de Beira. Cette importante ville du pays a été presque entièrement détruite. Ce bilan, encore provisoire, a été communiqué, dans la matinée de ce dimanche 24 mars, par le ministre de l’Environnement, Celso Correia.

Les habitants de Beira font preuve d’une grande résilience. Déjà, ils s’organisent pour remettre leur ville sur pied. Ce dimanche matin, un peu plus d’une centaine de jeunes nettoyaient les rues et un centre de santé, près la cathédrale de Beira.

La cathédrale qui, par ailleurs, était pleine. Deux messes ont eu lieu à 7h00 et 9h00 et, à chaque office, tous les bancs étaient remplis. La communauté chrétienne est très dynamique mais le prêtre Alfredo Manhiça a confié à RFI que cette forte influence était bien liée au passage du cyclone. « Les fidèles sont en deuil. Ils ont besoin de pleurer et de demander de l’aide », a-t-il expliqué.

Dans son homélie, il a ensuite insisté sur la nécessité d’accepter cette catastrophe naturelle. Il n’y a donc pas de colère dans le cœur des habitants de Beira, mais peut-être en revanche, une certaine incompréhension vis-à-vis de l’aide humanitaire et de son déploiement.

Dans une école du quartier Vaz, un quartier pauvre de la périphérie, le Programme alimentaire mondial (PAM) a distribué de la nourriture, ce dimanche matin, à une centaine de familles réfugiées dans le bâtiment scolaire.  Devant les grilles, des dizaines de femmes se sont réunies. « Nous avons faim aussi ; nos maisons sont toujours là mais nous n’avons plus rien ».

Lundi, l’école rouvrira ses portes et les familles refugiées devront, elles aussi, chercher de nouveau, abri et nourriture.

Nous devons manger immédiatement la nourriture parce que nous n’avons pas d’électricité pour la conserver mais les produits frais viennent de Chimoio et d’autres provinces. Comme les routes sont bloquées, ils n’atteignent pas Beira. Et puis, je pense qu’il y a un certain opportunisme de la part des commerçants parce que je ne m’explique pas pourquoi les prix ont tant flambé.

Reportage / Messe à Beira
24-03-2019 - Par Gaëlle Laleix

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