Présidentielle aux Comores: incidents à Anjouan et sur l'île de Grande Comore

Des gendarmes lancent des gaz lacrymogènes pour disperser des supporters de l'opposition à Moroni le 25 mars 2019.
© GIANLUIGI GUERCIA / AFP

A partir de la fin de matinée de ce lundi 25 mars, Internet et une partie du réseau téléphonique ont été coupés pendant plusieurs heures. Dans le même temps, les forces de sécurité étaient largement déployées dans la ville, sur des ronds-points ou encore devant des bâtiments stratégiques. Des pick-up remplis de soldats, policiers ou gendarmes circulaient régulièrement dans la ville. Une ambiance très inhabituelle pour les habitants.

Les candidats de l’opposition ont, eux, lancé une marche pacifique durant la matinée. Ils sont partis du quartier général du parti d’opposition Juwa, situé à La Coulée, avant de rejoindre le marché Volovolo, Magudju et Comores Optique. Plusieurs dizaines d’habitants se sont joints au cortège en cours de route.

L’armée s’est installée dans les rues de Moroni hier dés la mi-journée invitant la population à rentrer chez elle. Plus de taxis, plus de réseau de télécommunications national pendant quelques heures, les supermarchés et les banques ont également baissé leurs rideaux.

Des gaz lacrymogènes pour disperser la foule

La marche, qui devait rejoindre la place de l’Indépendance, a été bloquée par un cordon des forces de l’ordre à Comores Optique.Les gaz lacrymogènes ont finalement eu raison des manifestants. Venus par centaines soutenir pacifiquement leur candidat de l’opposition, hommes et femmes ont rapidement été dispersés par les forces de l’ordre qui ont arrêté certains leaders politiques avant de les reconduire chez eux.

Scénario similaire sur l'île d'Anjouan réputée hostile au chef de l'Etat. L'armée est intervenue pour disperser la foule en colère. D'après l'Observatoire des élections, une personne a été tuée et une dizaine d'autres blessées. L'ONG fait également état de fraudes de bureaux de saccagés et fermés près de 2 heures avant l'heure officielle de clôture du vote, de bourrages d'urnes ou encore d'accesseurs de l'opposition empêchés de se rendre sur les lieux.

Plusieurs candidats ont été blessés par les fumées notamment Me Saïd Larifou, transporté à l’hôpital. D’autres comme Mohamed Soilihi, ont été interpellés. L’ancien militaire surnommé Campagnard a été relâché peu après.

L'opposition ne veut pas se laisser museler

« C’est une révolution populaire qu’on déclenche jusqu’à ce qu’on obtienne le départ du président Azali. On ne reconnaît pas cette mascarade électorale », a expliqué Kamal Eddine Sindou, directeur adjoint de campagne de Campagnard.

La mouvance présidentielle assène que la journée de ce lundi n’a été que la continuité de celle du scrutin de la veille. Elle accuse les candidats d’opposition d’avoir commandité la destruction des urnes dans leurs localités de naissance et de tenter d’enrôler la population dans un mouvement visant à empêcher la promulgation de résultats provisoires. Le directeur de campagne du président candidat promet un retour à la normale pour ce mardi mais l’opposition assure qu’elle ne se laissera pas museler.

 

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