Présidentielle aux Comores: Assoumani réélu, selon la Céni

Le président sortant Azali Assoumani (ici en train de voter lors du premier tour de l'élection présidentielle le 24 mars 2019) a été réélu avec 60,77% des voix, selon des résultats provisoires.
© REUTERS/Ali Amir Ahmed

Aux Comores, la Céni a annoncé les résultats provisoires de l'élection présidentielle ce mardi 26 mars au soir. Azali Assoumani a été réélu président dès le premier tour. Après un premier tour très perturbé dimanche dernier par des affrontements entre la population et les forces de l'ordre dans plusieurs localités du pays, ce résultat n'est pas accueilli comme une surprise. Les 12 candidats d'opposition avaient déclaré préalablement qu'ils ne reconnaîtraient pas les résultats de la Céni.

Le président sortant Azali Assoumani est réélu dès le premier tour avec 60,77% des voix. Le candidat du parti Juwa de l’ancien président Sambi, arrive, quant à lui, en deuxième position loin derrière avec 14,62% des suffrages exprimés.

La Commission électorale nationale ne donne que des résultats provisoires. Il appartient ensuite à la chambre constitutionnelle de la Cour suprême de les promulguer définitivement.

Reste que l’opposition ne reconnaît pas ces résultats. Depuis la fin de la journée de scrutin, les 12 candidats avaient annoncé ne plus reconnaître le gouvernement d’Azali comme légitime, l’accusant d’avoir organisé un coup d’Etat électoral. Plusieurs bureaux de vote avaient été saccagés par la population, qui dénonçait des bourrages d’urnes, entre autres irrégularités.

Mardi matin, les candidats d’opposition ont déclaré qu’ils ne reconnaîtraient en aucun cas les résultats de la Céni qu’ils accusent de ne pas être indépendante. Ils réclament de nouvelles élections transparentes.

L’opposition rappelle que l’usage comorien a toujours été de donner les résultats bureau par bureau, durant des heures. La très brève déclaration de la Céni confirme qu’elle se rend complice de fraude électorale, estime Ibrahim Mohamed Soulé, directeur de campagne du parti d’opposition Juwa. « Ces résultats, on les a déjà dénoncés depuis dimanche, dit-il. On a bien dit qu’on ne les reconnaîtrait jamais. Dans cette compilation, on sait pertinemment que depuis hier des gens étaient en train de rédiger des procès-verbaux qui n’avaient pas été rédigés dans un bureau. Tout décompte qui est fait en dehors d’un bureau annule de facto le bureau. Tout comme on sait aussi que tout procès-verbal sur lequel il n’y a pas de signature des assesseurs n’a aucune validité. »

Du côté du président réélu, on a célébré cette victoire, annoncée en début de campagne électorale, tout en rappelant que la répression n’est jamais bien loin comme l’indique Houmed M’Saïdié, le directeur de campagne d’Azali Assoumani : « Le message a été accepté, nous avons souhaité gagner dès le premier tour et c’est ce qui a été fait. Ecoutez, les débordements, il se pourrait qu’il y en ait. Tous ceux qui entraveront la bonne marche de l’Etat, eh bien, la loi est là pour réprimer de tels actes. »

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