Contestation en Algérie: psychose autour de fuites présumées de capitaux

Alger: manifestation du 22 mars 2019.
© AFP

En Algérie, des architectes, des artistes mais aussi des notaires sont de nouveau descendus dans les rues d’Alger, ce jeudi 28 mars au matin, avec des slogans contre le système mais aussi contre le général Gaïd Salah. Le chef d'état-major de l'armée veut activer l'article 102 de la Constitution pour écarter le président Abdelaziz Bouteflika du pouvoir. Dans ce contexte de contestation, les milieux économiques s'inquiètent. Une sorte de psychose s’est installée sur une potentielle fuite de capitaux.

Il a fallu un communiqué de la Banque d’Algérie pour mettre les choses au point. « Il n’a été constaté aucune augmentation significative des transferts en devises par rapport aux mêmes mois des trois années précédentes », « le prétendu emballement des transferts de capitaux, par le canal bancaire, est dénué de tout fondement », affirme l’institution bancaire.

Mais pas sûr que cela suffise à calmer les esprits. Car depuis plusieurs jours, les médias évoquent les tentatives de fuite de certains hommes d’affaires face au mouvement populaire. Des chefs d’entreprise, proches des autorités, sont considérés par ceux qui manifestent comme faisant partie d’une mafia et, eux aussi, sont visés par les slogans.

L’avocat Mokrane Ait Larbi, qui a été le directeur de campagne du général à la retraite Ali Ghediri, estime que des hauts dignitaires tentent de faire sortir des sommes en devises étrangères dans l’optique d’une chute du régime politique. L’ordre des avocats d’Alger a annoncé que des transferts de fonds très importants avaient lieu et il a appelé la Banque d’Algérie à maintenir un contrôle rigoureux.

Un patron de presse arrêté

Le think tank économique Nabni, lui, a mis en garde contre la possibilité de l’augmentation des actes de prédation économique dans le contexte politique et social actuel. Il a demandé aux institutions une transparence immédiate sur les réserves de change et les opérations d’importation.

C’est dans ce contexte qu’un patron de presse a été arrêté. La télévision privée EChourouk News a annoncé ce matin que son directeur avait été arrêté par les forces de l’ordre. Ali Fodil avait participé à une émission mardi soir au cours de laquelle il avait accusé le frère du président Abdelaziz Bouteflika d’avoir permis à des hommes d’affaires d’obtenir des crédits bancaires très importants. Selon la chaîne, c’est pour ses déclarations sur des affaires de corruption que le directeur d’EChourouk News a été interpellé.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.