Putsch raté au Burkina: le rôle des militaires étrangers examiné

Le général Gilbert Diendéré, à Ouagadougou, le 17 septembre 2015 (image d'illustration). L’un de ses avocats soutient qu’il n’y avait aucune collusion entre son client et l’étranger. «Communiquer avec l’étranger fait-il de quelqu’un un traître?».
© AFP PHOTO / AHMED OUOBA

Au Burkina Faso, le procès du coup d’Etat manqué de septembre 2015 se poursuit. Le parquet militaire continue la présentation des enregistrements attribués au général Gilbert Diendéré, cerveau présumé du coup et à certains officiers et civils étrangers considérés comme ses soutiens par l’accusation. Après Guillaume Soro, c’est au tour des généraux Soumailla Bakayoko, ex-chef d’état-major général des armées ivoiriennes et Gaoussou Soumahoro d’être présentés comme des soutiens du général Dienderé, même si plusieurs personnalités du Togo, du Mali, du Maroc ou de la Mauritanie avaient également apporté leur encouragement à l'ex-bras droit de Blaise Compaoré.

Pour le parquet militaire, les conseils des généraux ivoiriens, peuvent s’apparenter à une « ingérence monstrueuse et inacceptable ». Du côté des avocats des parties civiles, on soutient que l’implication de la Côte d’Ivoire ne se limitait ni à Guillaume Soro ni au colonel Zakaria Koné. « Il y avait au moins trois généraux ivoiriens qui échangeaient avec les généraux Diendéré et Bassolé pour organiser ce qu’ils appelaient leur coup d’Etat », souligne Me Guy Hervé Kam.

De l'argent ivoirien pour combattre

Et le parquet militaire va encore plus loin et explique que les soldats de l’ex-RSP  avaient reçu de l’argent venu de la Côte d’Ivoire afin de combattre. « On avait transformé des éléments de l’ex-RSP en mercenaires contre leur propre pays », déplore le procureur.

« Communiquer avec l’étranger fait-il de quelqu’un un traître ? »

C’est ainsi que Me Latif Dabo de la défense rétorque : « L’argent avait été remis plutôt à l’homme politique René Emile Kaboré et non aux soldats du RSP ». Maître Olivier Yelkouni, l’un des avocats du général Gilbert Dienderé, soutient qu’il n’y avait aucune collusion entre son client et l’étranger. « Communiquer avec l’étranger fait-il de quelqu’un un traître ? » se demande-t-il.

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