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Comores

Présidentielle aux Comores: le gouvernement hausse le ton

Les forces de l'ordre se tiennent à l'entrée principale d'une résidence où étaient réunie l'opposition comorienne, le 24 mars 2019 à Moroni. Les 12 adversaires du président-candidat se sont réunis pour dénoncer, par avance, les résultats.
© GIANLUIGI GUERCIA / AFP

Les Comores attendent encore les résultats définitifs de la présidentielle du 24 mars, que la Cour Suprême doit proclamer. Après un scrutin contesté, le président Azali avait été déclaré vainqueur avec 60 % des voix par la Commission électorale. Un pourcentage que les candidats d’opposition, sous la bannière du Conseil national de transition (CNT) contestent toujours. Son président, Mohamed Soilihi, alias Campagnard, est toujours en détention. L’Alliance pour la majorité présidentielle (AMP), de son côté, hausse le ton.

La majorité cherche à faire monter la pression autour du CNT. Le directeur de campagne du président Azali a lancé, ce samedi 30 mars, de graves accusations contre l’organisation d’opposition.

Selon Houmed Msaidie, le mouvement serait coupable de complot afin de renverser le pouvoir, notamment pour avoir synchronisé, jeudi, l’évasion du commandant Faissoal Abdou Salam, l’attaque du camp militaire de Kandani ainsi que l’intrusion d’individus à l’ambassade des Comores, en France.

Houmed Msaidie a dénoncé des actions « pensées et réfléchies » mais aussi une « aventure délirante ». Selon lui, « un groupe d’individus remet en cause l'ordre républicain et la démocratie ».

La majorité demande, par conséquent, aux autorités de mettre fin au CNT, qualifiant le mouvement d’ « organisation criminelle ». Elle se dit toutefois ouverte au dialogue mais seulement avec ceux qui reconnaîtront l’ordre républicain et le résultat de l’élection.

Par la voix de Mouigni Baraka Said Soilihi, le CNT nie en bloc. « Le CNT est en dehors de tout ça. Rien n’a été planifié. Nous avons tout appris dans les médias, comme tout le monde », affirme l’ancien gouverneur. « Que le pouvoir fournisse des preuves, car les accusations, tout le monde peut en faire », ajoute-t-il.

Mougni Baraka Said Soilihi a par ailleurs annoncé de nouvelles actions, dans tous les chefs-lieux du pays, à partir de demain dimanche, des actions surtout « religieuses » dans un premier temps, sans en dire plus, avant de conclure qu’il s’attendait à « être arrêté » à tout moment. « Ils vont m’accuser parce que j’étais candidat. »

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