Afrique du Sud: nouvelles violences xénophobes à Durban

Des milliers de Sud-Africains ont défilé à Johannesburg pour dire «Non à la xénophobie», le 23 avril 2015.
© REUTERS/Mike Hutchings

L’Afrique du Sud est de nouveau prise d’une fièvre xénophobe. A Durban, troisième ville du pays, des affrontements ont eu lieu dans les townships faisant sept victimes, principalement malawites et zambiennes. Des centaines d’autres personnes ont été chassées de leur domicile. Ces attaques ont été fortement condamnées par l’opposition et par la ministre des Affaires étrangères qui convoque, dans la journée de ce dimanche 31 mars, plusieurs ambassadeurs africains à Pretoria. Le but est de ramener le calme dans les townships de la ville pour éviter une nouvelle effusion de sang.

Trouver refuge dans des commissariats, des mosquées ou même dans un camp bâti pour l’occasion, c’est le quotidien de plus de 350 ressortissants étrangers depuis six jours maintenant.

Joint par RFI, Daniel Byamungu est membre du Réseau africain de solidarité (Asonet), à Durban, nous explique la situation.

« Les gens sont dans le camp. Nous attendons le gouvernement provincial pour assister les gens à retourner dans leurs maisons mais jusqu’à maintenant, personne n’y est retourné », précise-t-il avant d’évoquer la principale raison, à savoir la crainte de nouvelles représailles.

« Bien sûr, les gens ont toujours peur parce qu’il y a des rumeurs selon lesquelles les gens peuvent être attaqués encore une fois. Ceux qui sont dans le camp disent qu’ils ne veulent pas retourner parce qu’ils ont peur et qu’ils risquent d’être attaqués... », ajoute-t-il.

Selon les diasporas présentes à Durban, ce sont les discours à répétition, les discours xénophobes du président Cyril Ramaphosa qui ont mis le feu aux poudres.

« Ils disaient que le président leur avait dit que tous les étrangers devaient quitter le pays. C’est pourquoi ils sont allés attaquer et piller les biens des étrangers. Voilà la situation actuelle », explique-t-il.

Le président a depuis fait volte-face. En campagne électorale dans la province de Durban, il a condamné, samedi 30 mars, « des attaques fondées sur l’intolérance de certains Sud-Africains ».

A (RE)LIRE → Comprendre la vague de xénophobie en Afrique du Sud

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