Madagascar: du riz importé du Pakistan vendu à moitié prix

Les habitants du quartier de Tsiadana, dans le centre d'Antananarivo, patientent pour acheter le riz à moitié prix promis par le président de la République pendant sa campagne
© RFI/Laetitia Bezain

A Madagascar, le riz fait partie du quotidien, présent tous les jours et à chaque repas. Quelque 16.500 tonnes de riz en provenance du Pakistan ont été importées par les autorités malgaches. Du riz à moitié prix pour les ménages pauvres, c’était une promesse de campagne du président Andry Rajoelina. La distribution de ce riz bon marché a déjà commencé dans la ville de Tamatave, sur la côte orientale du pays la semaine dernière. Hier samedi, ce sont les habitants des quartiers de la capitale Antananarivo qui ont pu en bénéficier.

Devant le bureau administratif de Tsiadana, une longue file d’attente. Ils sont environ 80 habitants, la plupart des femmes et des enfants paniers à la main, à patienter pour pouvoir acheter un kilo de riz à 1000 ariary, soit 26 centimes d’euros au lieu du double sur le marché.

Une attente qui échauffe les esprits. Marie-Louise Ravaomalala, vendeuse de légumes, est ici depuis deux heures. « Je suis arrivée ce matin à 8h, et je suis encore là alors que je dois travailler. Il y a tout le temps des gens qui nous doublent. Ils donnent la priorité à leur copain ! Si tu ne connais personne, tu es obligé de faire la queue ! Dès que j’ai entendu la nouvelle, je suis venue ici. Je vais prendre trois kilos pour 3000 ariary. Nous sommes 7 à la maison, ça va nous suffire pour deux jours ».

Eliane 42 ans, mère de 5 enfants, vient tout juste d’obtenir ses 3 kilos de riz. « Je suis vraiment très contente parce que je peux me permettre d’acheter ce riz à bas prix. Regardez, je trouve que c’est de la bonne qualité. Il a à peu près la même apparence que le riz malgache. »

A l’intérieur du bureau administratif, les sacs de riz de 50 kilos se vident en un rien de temps. Leticia Rahoeliarisoa est la cheffe magasinier. « Le seul critère, c’est qu’une famille peut acheter maximum trois kilos pour que tous les habitants puissent avoir leur part, nous explique t-elle.  Je dois dire qu’aujourd’hui, il n’y en aura pas pour tout le monde mais ceux qui n’ont pas pu en avoir cette fois en auront au prochain tour. »

Ce riz à bas prix est vendu une à deux fois par semaine dans chaque bureau administratif de quartier. Une réponse à la pauvreté sur le court terme que certains regrettent. Du côté des riziculteurs on s’inquiète aussi de la rude concurrence créée par l’importation de ce riz pakistanais.

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