Le pape François termine sa visite au Maroc par une grande messe à Rabat

Le pape François célèbre une grande messe à Rabat, au Maroc, le 31 mars 2019.
© Vatican Media/Handout via REUTERS

Au cours du second jour de sa visite officielle au Maroc, le pape François a célébré, dimanche 31 mars, une messe géante dans un complexe sportif de Rabat, en présence de la communauté catholique du royaume chérifien, composée de nombreux fidèles d'origine subsaharienne.

Une visite de moins de quarante-huit heures pour le pape en terre marocaine, l’occasion de faire passer plusieurs messages. Le premier était à destination d’un peuple musulman et de leur Commandeur des croyants, le roi Mohamed VI. François a salué dans le Maroc une terre féconde pour le dialogue interreligieux, et sa formation d’imams dans un esprit de tolérance et d’ouverture.

Deuxième message à destination des migrants dont il ne faut pas oublier la dignité. Il faut, a dit le pape, « se laisser remuer et toucher par celui qui frappe à la porte ». Ces migrants venant pour beaucoup des pays d’Afrique subsaharienne ont d’ailleurs transformé le visage de l’Église marocaine ces dernières années et ont été en première ligne dans ce voyage, présents à toutes les manifestations comme dans la chorale de la messe finale.

Enfin, le pape a souhaité conforter la petite communauté catholique dans le pays. Dans la cathédrale de Rabat, il a eu une rencontre émouvante avec ces religieux comme le frère Jean-Pierre Schumacher, dernier survivant des moines de Tibéhirine ou ces sœurs, dont l’une presque centenaire, qui ont dédié leur vie au dialogue et aux plus pauvres.

La mission ne passe pas par le prosélytisme, leur a dit le souverain pontife. Leur charité est le meilleur chemin pour poursuivre le dialogue avec les musulmans, rapporte notre envoyé spécial à Rabat, Eric Sénanque.

Le pape François a rencontré, le 31 mars 2019 à Rabat, le père Jean-Pierre Schumacher, 95 ans, dernier survivant du massacre de Tibéhirine, perpétré contre sept moines trappistes en 1996, pendant la guerre civile en Algérie. © Alberto PIZZOLI / AFP

Une grande messe au stade Moulay Abdellah de Rabat

Le pape a conclu sa visite officielle au Maroc ce dimanche par une grande messe au stade Moulay Abdellah de Rabat, marquée par des appels pour le droit des migrants, la tolérance religieuse et la liberté de conscience, avec un avertissement contre le prosélytisme. François a invité les fidèles à dépasser les tentations de haine et de division, à « contempler le Père pour se redécouvrir frères ».

10 000 personnes et une chorale composée de centaines de fidèles pour accompagner le Notre Père énoncé en espagnol par le pape François. Dans les gradins de la salle omnisport du stade de Rabat, la salle est comble. Drapeau à la main, Dominique, catholique native du Maroc, jubile de cette communion spirituelle.

« Ça m'émeut énormément parce qu'en fait, ce qu'on recherche tous, c'est la paix, l'harmonie, la fraternité. C'est un moment exceptionnel, je trouve », dit-elle.

Le temps fort de la visite du pape François fut sa rencontre avec les populations migrantes du Maroc. Depuis deux ans, le Maroc est devenu le premier pays de départ des clandestins vers l'Europe.

« Il faut sortir de la problématique des migrants et faire comme dit le pape : accueillir des personnes. Si l'on veut un monde qui soit fraternel, il faut toujours partir des plus marginalisés, des plus démunis, d'où l'insistance du pape - qui est petit-fils de migrant - qui parle de sa chair et non pas d'un problème que l'on peut résoudre en restant assis dans un bureau », souligne père Daniel Nourrissat, curé de Rabat.

Pour Marie-Louise, originaire d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, l'Eglise l'a beaucoup aidée, à son arrivée dans le royaume. « Tu ne te sens pas isolée, tu ne te sens pas rejetée. Même en sachant que nous sommes dans un pays où il y a la discrimination, le racisme, quand tu t'attaches à l'Eglise, tu te sens en sécurité », précise-t-elle.

Si la conversion est toujours punie par la loi pour les Marocains, le roi Mohamed VI s'est posé en protecteur des minorités chrétiennes étrangères sur son sol.

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