Algérie: l'armée veut accélérer le départ d'Abdelaziz Bouteflika

Photo du président algérien Abdelaziz Bouteflika (g) et le chef d'état-major Ahmed Gaid Salah (d).
© Eric FEFERBERG, Farouk Batiche / AFP

Au lendemain d'un communiqué annonçant la démission du président algérien Abdelaziz Bouteflika avant le 28 avril, l'armée demande ce mardi l'application immédiate de l'article 102 de la Constitution algérienne, qui lance le processus d'empêchement du président.

Nouveau rebondissement en Algérie au lendemain de l'annonce de la démission d'Abdelaziz Bouteflika avant le 28 avril. Le chef de l'état-major et les hauts responsables de l'armée déclarent qu'ils ne reconnaissent pas le communiqué publié par la présidence, qui émane « d'entités non constitutionnelles et non habilitées ».

L'armée demande, elle, l'application immédiate de l'article 102, c'est-à-dire la mise en place du processus d'empêchement du président. Les militaires estiment donc qu'il n'est pas question d'attendre quatre semaines pour le départ d'Abdelaziz Bouteflika.

Le communiqué du ministère de la Défense s'en prend également violemment à certains individus qui veulent, selon lui, faire perdurer la crise. Il affirme que le rôle de l'armée est de protéger le peuple d'une poignée de personnes qui s'est accaparé les richesses du pays. Il fait là référence aux hommes d'affaires, dont certains sont sous le coup d'enquêtes préliminaires pour corruption depuis le début de la semaine. Il vise aussi Saïd Bouteflika, le frère du président algérien.

Cette déclaration de l'armée révèle que les désaccords entre les différents cercles du pouvoir sont encore très importants à propos de l'après-Bouteflika. L'armée veut appliquer le processus de transition prévu par la Constitution, tandis que d'autres, ceux critiqués dans cette annonce, souhaitaient préparer une autre forme de transition.

Cet après-midi, l'ancien président Liamine Zéroual a annoncé qu'il avait été contacté par l'ancien chef du renseignement Mohamed Mediène, dit Toufik, et qu'on lui avait proposé de prendre part à une future transition. C'est visiblement cette solution que l'armée refuse.

 

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