[Reportage] Comores: un rassemblement pour la paix organisé à Moroni

La réélection du président Azali dès le premier tour a engendré des violences, l'opposition refusant de reconnaître sa victoire (image d'illustration).
© GIANLUIGI GUERCIA / AFP

Les Comores sont toujours dans l’attente de la proclamation par la Cour suprême des résultats définitifs de la présidentielle du 24 mars. Mais l’opposition ne reconnaît plus le pouvoir et a formé un Conseil national de transition, tandis que le pays a été secoué par l’attaque d’un camp militaire qui a fait trois morts jeudi dernier. Lundi 1er avril, des organisations de la société civile ont organisé, à l’hôtel Retaj de Moroni, un rassemblement pour appeler à la paix.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées avec affiches ou t-shirt marqués « Pas d’unité sans paix » ou encore « La paix n’a pas de prix ».

Universitaire, le Dr Saïd Omar est venu à cause de l’attaque du camp de Kandaani. « On essaie de nous faire revenir aux années Bob Denard. Cela fait quelques années que l’on commençait à avoir une certaine stabilité et ça les choque », estime-t-il.

L’événement se veut apolitique. Pourtant les t-shirts, casquettes, badges à l’image du président Azali sont nombreux. Abdourassoul Abdourahamane, du mouvement Sindekina, un des organisateurs, dément toute récupération politique. « Personnellement on me traite de tous les noms. Vous allez me dire que si je fais appel à la stabilité, c’est de la corruption, se défend-il. Mais moi j’ai confiance dans ce pour quoi je milite aujourd’hui. On condamne les actes des leaders politiques de se déclarer un gouvernement qui n’est pas légal [l'opposition qui ne reconnaît plus le pouvoir a formé un Conseil national de transition, NDLR]. Conséquence : il y a eu trois morts. Donc cela nous a poussés aujourd’hui à faire appel à la paix, parce que la paix c’est notre richesse aux Comores. »

Parmi les participants, on trouve toutefois des personnalités de la majorité, comme Ibrahim Soeuf, secrétaire général du parti présidentiel CRC. « On reste à la maison, on entend qu’il y a des gens qui sont assassinés, qui sont fusillés un peu partout. Cela a réveillé de mauvais souvenirs, rapporte-t-il. Nous on fait de la politique et on n’a jamais fait ça. On manifeste par des communiqués tout ce qui ne nous plaît pas, donc nous sommes venus dire : on ne veut pas de ça. »

Les organisateurs demandent aux candidats mécontents de suivre les voies légales. Désormais on attend, sans trop de suspense, la proclamation finale des résultats par la Cour suprême.

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