Les Algériens fêtent la chute de Bouteflika, prêts à maintenir la pression

Des Algériens fêtent la démission du président Abdelaziz Bouteflika dans les rues de la capitale, le 2 avril 2019.
© REUTERS/Ramzi Boudina

En Algérie, l'annonce de la démission du président Abdelaziz Bouteflika, mardi 2 avril, a été suivie de scènes de liesse à Alger. Mais tous soulignent que le départ du chef de l'État n'est qu'un début.

Alger s'est réveillé tout doucement, ce mercredi matin. La capitale a savouré jusqu’à tard dans la nuit cette première victoire. Des familles entières - de la petite-fille à la grand-mère - ont chanté, déambulé, drapeaux sur le dos ou à la main.

Mardi soir, à peine la démission du président Bouteflika annoncée, des groupes de jeunes se sont dirigés déjà vers le centre-ville en chantant. « La route est encore longue, mais c’est un pas de géant pour les Algériens, pour les jeunes Algériens, qui ont constaté que cette petite révolution pacifique a porté ses fruits dans le positif », dit l'un d'entre eux.

Très vite, la foule s'est rassemblée : drapeaux algériens, selfies, sourires… La joie sur tous les visages. « Enfin, de la joie, dit un autre. On se sentait humiliés et là, on reprend confiance… Voilà. On est heureux, aujourd’hui. Même si c’est un premier pas, on est heureux ». De la joie et de la fierté de voir que le peuple a enfin été entendu, mais aussi de la gravité. Le sentiment que ce n’est qu’une étape.

Il y a l’émotion de ce qu’on est en train de vivre mais ce n’est pas encore réalisé ! Nos revendications sont claires et j’espère que les militaires comprennent ce que le peuple veut : la réalisation d’une Algérie démocratique où le peuple est libre.

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« Bouteflika n’est qu’un détail », soulignait hier soir un Algérois, venu lui aussi célébrer la démission du président. « Bouteflika n’est que la façade du système. On veut un changement du système et non pas un changement dans le système. Aujourd’hui, ce n’est qu’une petite étape de notre fameuse révolution du sourire. Aujourd’hui, nous réclamons et nous revendiquons - haut et fort ! - une deuxième république démocratique et sociale ».

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« Je suis venu en famille pour exprimer ma joie, expliquait un autre habitant de la capitale. Nous sommes très contents, suite à l’annonce du départ de ce despote. C’est la plus grande dictature, nous l’avons subie durant ces deux décennies et c’est énorme. Je pense que c’est une grande réalisation pour le peuple algérien et, aujourd’hui, nous sommes très optimistes pour ce pays. Mais ce n’est qu’une étape. Nous voulons une vraie démocratie. Nous voulons la liberté pour ce peuple, un avenir radieux pour ces jeunes-là. Vive l’Algérie ! »

Les chants et coups de klaxons ont duré jusque près de 2 heures du matin dans la capitale où tout a commencé il y a six semaines. Les Algérois se sont donné rendez-vous vendredi, à nouveau, pour fêter mais aussi pour suivre ce qui est tout juste entamé. À savoir cette transition vers une réelle démocratie, débarrassée des figures qui incarnent vingt ans de corruption et de gabegie pour la population.

On vient de commencer mais on est dans le bon sens. On va gagner, inch'Allah.

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