Algérie: la mobilisation reprend au lendemain de la démission de Bouteflika

Des Algériens réunis sur la place de la grande poste à Alger demandent la fin du régime et la justice pour les disparus de la décennie noire, le 3 avril.
© Leïla Beratto/RFI

Au lendemain de l’annonce de la démission d’Abdelaziz Bouteflika, les revendications ont repris de plus belle. Devant la grande poste d’Alger, plusieurs centaines de personnes étaient réunies ce mercredi matin. Des familles de disparus des années noires qui n’ont jamais obtenu l’ouverture d’enquête sous l’ère Bouteflika mais aussi des représentants de petites entreprises venus dénoncer les problèmes de corruption. Tous réclament le départ des gens du régime Bouteflika et du nouveau président par intérim.

« Système Dégage ». L’immense banderole est visible de loin. En dessous, des centaines de personnes sont rassemblées devant la grande poste depuis ce matin, venues dire leur soutien au mouvement de contestation populaire comme l’explique ce chef d’une micro entreprise.,

« Il n’y a pas de gouvernement pour nous. Aujourd’hui, le seul gouvernement c’est le "hirak". Et on est là pour le soutenir. Ici, le gouvernement s’appelle le peuple, le président du peuple ! Le ministre qui doit sortir du peuple ! On ne reconnaît aucun gou-ver-ne-ment ! Aujourd’hui, il faut qu’il y ait une justice sociale ! Et ça doit commencer de la base vers le haut, comme une pyramide ».

« Justice sociale », « justice tout court ». Sur cette place, point de rendez-vous des contestataires, les revendications vont tous azimuts. « Pouvoir assassin ! Pouvoir assassin ! », crient les manifestants.

« Pas de transition avec les anciens »

Juste à côté, une quinzaine de personnes tient des grands portraits à la main. Dessus, on peut lire « Ferhati Mustapha disparu le 28 mai 1998 » ou encore « Hatem Raba disparu le 26 décembre 2011 ». Les photos de quelques-unes des 15 000 personnes enlevées pendant la décennie noire, sans que jamais il n’y ait eu d’enquête sur leur sort.

Impossible pour les membres de ces familles d’imaginer une avancée quelconque avecce gouvernement de transition. « Plus de vingt ans, vingt-cinq ans déjà… Bouteflika porte tous les problèmes qui se posent en Algérie, estime Hassan Ferhati, président de SOS disparus. Et même la justice. La justice, elle marche avec des coups de téléphone. Le peuple dit : "Dégage", tout le système dégage. On ne veut pas de transition avec les anciens. Les anciens, on les connaît. On sait ce qu’ils ont fait ».

Les Algériens réunis là rêvent d’une transition vers un État de droit
où la justice indépendante pourrait ouvrir ces enquêtes tant attendues sur les disparus, mais aussi la gabegie financière de ces 20 dernières années.

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