Comores: l'opposition discrète après la proclamation des résultats

Des affiches de campagne à l'effigie du leader de l'opposition, Soilihi Mohamed, alias «Campagnard», dans le village de Domoni, le 20 mars 2019 (Photo d'illustration).
© GIANLUIGI GUERCIA / AFP

Aux Comores, le président Azali Assoumani, réélu dès le premier tour avec 60% des voix, doit prêter serment fin mai. En attendant, il a repris ses fonctions officielles après s’être déclaré en vacances électorales. Le soir même de la proclamation des résultats par la Cour suprême, mardi 2 avril, Azali Assoumani avait tendu la main à ses adversaires. L’opposition a créé il y a une semaine un Conseil national de transition (CNT), dont le président est emprisonné. On attend toujours sa réaction.

Le Conseil national de transition (CNT) reste silencieux. Du pain bénit pour le pouvoir qui voit ce mutisme comme une preuve de divisions internes. Ibrahim Abdou Razak Razida dément. « Nous sommes sur la même longueur d’onde. Mais le régime veut semer la division », déclare le coordinateur de l’Union de l’opposition, ajoutant que « personne n’avait quitté le navire pour rejoindre le président Azali ».

Pour Mohamed Chahir, conseiller du candidat Fahmi Said Ibrahim, le pouvoir a même fait publier un faux communiqué dans lequel cinq représentants se désolidarisaient du CNT. « Un faux grossier, non signé », selon lui. Pour autant, l’entente n’est pas forcément parfaite. Un opposant décrit deux groupes, « les novices et les expérimentés. Les premiers sont plus actifs et les seconds un peu ancrés dans leurs habitudes politiques ».

Des divisions au sein de l'opposition ?

Résultat : les décisions sont parfois longues à accoucher. Une charte rédigée en début de semaine n’est toujours pas signée. Une campagne de désobéissance civile censée débuter aujourd’hui n’a pas encore été lancée. Une bonne source décrit des divergences de stratégie. Certains souhaitent la démission du président, d’autres sont prêts à parler avec la majorité, plusieurs membres craignent d’être arrêtés, d’autres comptent sur la communauté internationale, etc.

Des journées île morte ou encore des manifestations sont évoquées. « La stratégie, c’est d’enclencher une révolution populaire, pacifique, sans tomber dans une spirale incontrôlable. Mais à force de tergiverser, on va se déconnecter de notre base », indique un membre du groupe.

L'invité Afrique : Comores: «Chacun doit payer pour ce qu'il a fait», dit le président Azali Assoumani

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.