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Libye

Libye: l’ONU maintient la date de la conférence nationale

De la fumée s'échappe d'un quartier de Tripoli en proie à de violents affrontements entre milices rivales, le 28 août 2018. (Photo d'illustration)
© REUTERS/Hani Amara

Malgré l'offensive en cours, la conférence nationale en Libye pour aider le pays à organiser des élections aura bien lieu à compter du 14 avril, a annoncé samedi l’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé.

Depuis deux jours, les troupes du maréchal Khalifa Haftar – l'homme fort de l'Est du pays – se dirigent vers Tripoli où se trouve le siège du gouvernement d'union nationale. Malgré les inquiétudes de la communauté internationale face au risque d'embrasement du pays, l'ONU a décidé de maintenir sa conférence nationale sur la Libye du 14 au 16 avril.

« Nous sommes déterminés à organiser » cette conférence interlibyenne « à la date prévue, sauf si des circonstances majeures nous en empêchent », a déclaré samedi l’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé.

► À lire aussi : Bataille de Tripoli: quelles sont les forces en présence?

Dans la nuit de vendredi à ce samedi 6 avril, le Conseil de sécurité avait été convoqué en urgence. L'Armée nationale libyenne du maréchal Haftar a été appelée à cesser son offensive, qui a pris l'ONU de court alors que son secrétaire général, Antonio Guterres, était dans le pays où il a rencontré Khalifa Haftar. Ce dernier lui a annoncé que l'opération « Déluge de la dignité » se poursuivrait.

L'organisation de la conférence nationale reste donc difficile à envisager, d'autant que les élections municipales qui devaient se tenir dimanche dans les villes d'al-Asabaa ou celle de Zawiya en banlieue de Tripoli ont été reportées au vu du contexte.

Le G7 demande la cessation des hostilités

Réunis ce week-end, à Dinard, dans le nord-ouest de la France, les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 ont eux aussi appelé à cesser immédiatement les hostilités.

« En Libye, il n’y aura pas de victoire militaire, la victoire ne peut être que politique », a déclaré, ce samedi, Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, faisant état d’une déclaration finale « positive » du G7.

Jean-Yves Le Drian a, par ailleurs, déclaré attendre du général Haftar qu’il soutienne le processus mis en œuvre par les Nations unies pour sortir le pays du chaos dans lequel il est plongé depuis 2011. Du côté des voisins, l'Algérie se dit « extrêmement préoccupée ». La Tunisie, pour sa part, appelle à la retenue mais mobilise son armée à ses frontières.

Raid aérien contre l'ANL

Sur le terrain, l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar poursuit son offensive vers Tripoli où siège le gouvernement d'union nationale de Fayez al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale. Mais les milices qui lui sont loyales freinent la progression des troupes de l'ANL.

Après avoir été repoussées à l'ouest de Tripoli vendredi matin, après avoir reculé vendredi soir au niveau de l'aéroport international, les forces de Khalifa Haftar ont persévéré. Les combats ont continué samedi au sud de la capitale, dans la matinée à Ben Réchir, près de l'aéroport. Mais pas uniquement au sol : l'ANL affirme avoir essuyé des raids aériens au niveau des villes de Gharian et al-Assabaa, aux mains des forces du maréchal Haftar, à quelque 100 km au sud de Tripoli.

L'ANL dénonce un raid également dans la région d'al-Azizia, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Capitale sur laquelle l'ANL affirme désormais qu'elle va se concentrer. Mais en face, la riposte s'organise, la célèbre brigade 166, milice de la ville de Misrata fidèle au gouvernement d'union nationale, est venue en renfort. Des dizaines de véhicules armés notamment des canons antiaériens sont ainsi rassemblés à Tajoura, dans la banlieue est de Tripoli.


♦ MOSCOU POUR UN « DIALOGUE NATIONAL SANS ÉCHÉANCES ARTIFICIELLES »

La situation en Libye a été au centre d’une visite de deux jours en Egypte du chef de la diplomatie russe Sergei Lavrov. Moscou et Le Caire expriment leur préoccupation et appellent à résoudre les différends par le dialogue entre forces militaires, politiques et de la société civile.

Avec notre correspondant au CaireAlexandre Buccianti

Quand il s’agit de Libye, Moscou et Le Caire sont sur la même longueur d’onde : il faut éliminer les extrémistes islamistes. Et pour parvenir à cette fin, on soutient discrètement celui que l’on estime avoir les moyens de le faire : le maréchal Khalifa Haftar.

Une politique transparaissant dans les déclarations à la presse au terme de la visite de Sergei Lavrov. Ce dernier s’est ému de l’usage par certaines parties de l’aviation contre l’Armée nationale, sous le commandement du maréchal Haftar qui a lancé une offensive contre Tripoli.

De son côté, le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choucri a dénoncé l’ingérence de puissances régionales dans l’escalade du conflit. Les médias égyptiens accusent régulièrement la Turquie et le Qatar de soutenir les extrémistes islamistes en Libye.

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