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Rwanda

[Reportage] Génocide au Rwanda: une veillée de recueillement forte en symboles

Ils étaient environ 30000 à participer à la veillée de recueillement au stade Amahoro de Kigali, le 7 avril 2019.
© RFI/Pierre René-Worms

Les cérémonies des 25 ans du génocide se sont achevées au stade Amahoro, un lieu chargé de symboles. C'est là que s'étaient réfugiées en avril 1994 et sous protection de l'ONU  des milliers de personnes pour échapper aux tueries. C'est ici que s'est déroulée une veillée de recueillement précédée d’une marche partie du Parlement.

Ils étaient environ 30 000 à participer à cette veillée de recueillement. Premier temps fort de la cérémonie, ces noms de victimes du génocide égrenés par de jeunes adultes rassemblés au centre du terrain, de jeunes adultes disposés de façon à dessiner la carte du Rwanda. Une carte avec en son cœur une flamme qui jaillit, symbole d’espoir et de prospérité.

Emmenés par Paul Kagame et son épouse, les chefs de délégation sont descendus sur la pelouse pour allumer des bougies dont ils se sont servis pour allumer celles que tenaient les jeunes dans leurs mains. Une façon de symboliser la transmission du savoir à cette génération qui n’a pas connu le génocide. Des bougies qui se sont ensuite illuminées dans tout le stade.

La cérémonie a été entrecoupée de chants et de témoignages, celui d’un juste ou d’un gardien du pacte comme on appelle ici ceux, et notamment ces Hutus modérés, dont on parle souvent, qui ont sauvé des Tutsis durant le génocide.

Autre témoignage, celui d’un rescapé : son propos a visiblement réveillé d’effroyables souvenirs chez certains spectateurs. Des cris ont en effet retenti à plusieurs reprises, des personnes ont été prises de crise de paniques. Elles ont aussitôt été prises en charge par les unités médicales présentes sur place.


■ Commémoration en France

La France commémore le génocide des Tutsis au Rwanda, à Paris une cérémonie était organisée dans le XIIIe arrondissement en présence de nombreux rescapés, qui se félicitent des nouveaux engagements pris par le chef de l’État français. Emmanuel Macron s’est engagé à créer une commission d’enquête pour éclaircir les circonstances qui ont rendu possible ce massacre, et veut que le 7 avril devienne une journée de commémoration nationale. Des engagements nécessaires pour les Rwandais présents à la cérémonie.

Avoir le sentiment d’être entendu, c’est ce que ressentent de nombreux Rwandais venus commémorer le génocide sur les pelouses du parc de Choisy, comme Armel, vêtu d’un costume noir, qui voit dans les annonces du président Macron un réel changement: «Ce que je ressens, c’est une reconnaissance des politiques actuels. Ils ramènent en fait du sang neuf, contrairement aux anciens politiques qui étaient plutôt dans le déni».

Reportage aux commémorations françaises
08-04-2019 - Par RFI

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