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Madagascar

Madagascar: Maroantsetra sous tension après la mort d'un jeune au commissariat

Le centre-ville de Maroantsetra, où de violentes émeutes se sont produites samedi 6 avril 2019.
© RFI/Laetitia Bezain

À Madagascar, les ministres de l’Intérieur, de la Défense et le secrétaire d’État chargé de la Gendarmerie ont fait le déplacement à Maroantsetra, après de violentes émeutes dans cette ville au nord-est du pays samedi 6 avril. Des émeutes qui font suite à la mort d’un jeune homme au commissariat de police. Bilan : un manifestant tué par balle et une vingtaine de maisons brûlées. Les autorités ont promis à la population que la lumière sera faite sur ce meurtre.

Si le calme est revenu à Maroantsetra, les patrouilles de gendarmerie se poursuivent. Des centaines de personnes ont tenté de s’en prendre aux policiers de la ville samedi. « Un jeune homme a été arrêté pour suspicion de vol avec effraction. Il a été mis dans une cellule du commissariat. En début d’après-midi, les policiers ont constaté qu’il était faible. Il est décédé à l’hôpital », résume le commandant Herilalatiana Andrianarisaona, en charge de la communication à la gendarmerie nationale. « Les médecins ont dit que ce sont des coups qui l’ont tué. Il avait les côtes cassées » poursuit-il. Pour la famille, pas de doute, ce sont les policiers qui ont tué leur enfant.

Cette dernière et des habitants de leur quartier se sont rendus avec le corps de la victime devant le commissariat, réclamant justice. « Il y avait un trou béant dans la jambe du cadavre, indiquant le tir d’une balle. Ce ne sont pas que des coups qu’il a reçus », rapporte Joël, professeur au lycée de la ville et présent devant le commissariat.

Au fur et à mesure la foule s’est faite plus grande. « Des manifestants demandaient la peau des policiers », explique le commandant. Ils se sont alors retranchés dans le commissariat. « Les policiers ont d’abord tiré en l’air puis sur la foule. Un lycéen de 17 ans a été tué », précise Joël. Un décès confirmé par la gendarmerie. « Les violences policières sont courantes ici. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour la population », poursuit-il.

Face à ce nouveau décès, les manifestants sont devenus incontrôlables pour la trentaine de gendarmes qui tentaient de maîtriser la situation. Vingt-deux maisons ont été brûlées dont 19 appartenant à des policiers, selon le bilan de la gendarmerie.

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