Centrafrique: l'accord de paix de Khartoum fragilisé par la chute d'el-Béchir?

Le président centrafricain Touadéra lors de la signature de l'accord de paix à Khartoum, le 5 février 2019.
© REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah/File Photo

Le président Faustin-Archange Touadéra a assuré vendredi 12 avril sur l’antenne de RFI que l'accord de paix centrafricain signé à Khartoum en février dernier n'était pas remis en cause par la destitution d'Omar el-Bechir. Mais certains groupes armés ne l'entendent pas de cette oreille.

Pour l'Union africaine, la réponse est claire : c'est non. On rappelle que les garants de cet accord restent l'UA et la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), comme inscrit en préambule du texte signé à Khartoum.

Même son de cloche du côté des ministres centrafricains issus des groupes armés et qui doivent leur poste à cet accord.

Pour Dieudonné Ndomaté de l'aile Ngaïssona des anti-balakas, « l'Union africaine est là pour garantir le processus de paix ».

Souleymane Daouda, ministre de l’Enseignement technique et de l’alphabétisation et membre de l'UPC lui estime que « les accords de Khartoum ont été signés entre Centrafricains et que cela ne concerne pas les Soudanais ».

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Ce discours n'est pas totalement partagé. Un autre responsable de la Seleka, conseiller ministériel, estime que le président Touadéra est en position de faiblesse et qu'aujourd'hui, les groupes armés peuvent imposer ce qu'ils veulent.

Pour Abdoulaye Hissène, le chef militaire du FPRC, qui contrôle plus d'un tiers de la Centrafrique, Omar el-Béchir était le garant moral de cet accord. Et sa chute peut changer la donne.

Reste désormais à savoir si la remise en cause de ce texte sera à l'ordre du jour lors de la visite de Smaïl Chergui, le commissaire paix et sécurité de l'Union africaine, la semaine prochaine à Bangui.

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