Soudan: le Darfour ne veut pas du Conseil militaire

Distribution de nourriture par le Programme alimentaire mondial (PAM) dans le camp de Kalma, près de Nyala au Sud-Darfour. (Photo d'illustration)
© (Photo : Jose Cendon/AFP)

Au Soudan, une petite semaine après la chute d’Omar el-Béchir, les manifestants continuent de mettre la pression sur l’armée pour qu’elle transfère le pouvoir aux civils. Des milliers de manifestants étaient toujours mobilisés mardi 16 avril devant le QG de l’armée dans la capitale Khartoum. Ils demandent que le Conseil militaire, dirigé par le nouvel homme fort du pays, le général Abdel Fattah Abdelrahman Burhan, soit purement et simplement dissous et remplacé par un conseil civil. Au Darfour plus qu’ailleurs, la population ne veut pas de ce régime militaire.

Dans l’ouest du pays, personne n’oublie la guerre du Darfour. Des centaines de milliers de morts, de déplacements de civils et de viols, et les Janjawid, cette milice accusée de purification ethnique et dont un des leaders est toujours recherché par la Cour pénale internationale.

Pour Jibril Ibrahim, leader du JEM, un des groupes armés du Darfour, les militaires qui ont fait tomber Omar el-Béchir sont ceux responsables de la guerre dans l'ouest du pays : « Les hommes qui sont actuellement à la tête du Conseil militaire, que ce soit le général Buhran ou Hemiti, sont responsables d’atrocités au Darfour. Burhan est responsable de la mort de nombreux civils dans la région du Jabel Mara, il a brûlé de nombreux villages au Darfour. Et c’est lui qui a créé cette milice, les forces de soutien rapide de Hemiti. Ce sont des criminels de guerre. »

« Buhran a permis aux milices de tuer la population »

Même réaction du côté de la société civile. Pour Ahmed Ali Nur, les victimes du Darfour ne peuvent pas accepter le nouveau régime militaire, dirigé par le général Burhan : « Burhan a été promu tellement de fois, et récompensé justement en raison de sa coopération au Darfour. C’est lui qui a recruté les milices et qui leur a permis de piller, de tuer la population. Les victimes n’oublieront jamais cela. Les gens sont choqués, déçus, ils ne pourront jamais faire confiance à ce gouvernement dirigé par Burhan. »

Civils et groupes armés souhaitent un transfert, le plus rapide possible, du pouvoir à une autorité civile et demandent également la libération de tous les prisonniers de guerre du Darfour.

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