RDC: les discussions pour la nomination du Premier ministre dans l’impasse

Félix Tshisekedi lors de sa prestation de serment au Palais de la Nation à Kinshasa, le 24 janvier 2019.
© REUTERS/ Olivia Acland

En RDC, les discussions autour de la nomination du Premier ministre sont dans l’impasse. Elles étaient déjà tendues, depuis que Félix Tshisekedi avait refusé de nommer à ce poste le candidat choisi par l’ex-président Kabila. Il s’agit d’Albert Yuma, président de la Gécamines, la société minière du Congo, accusé par plusieurs ONG d’être responsable de plusieurs détournements de fonds, ce qu’il dément. Mais les propos du président Tshisekedi à Washington, il y a une dizaine de 10 jours, lorsqu’il a promis de « déboulonner le système dictatorial » en place, n’ont rien arrangé.

La petite phrase de Félix Tshisekedi a fait l’effet d’une bombe sur les négociations en cours. D’autant plus qu’elle a explosé à la veille d’un rendez-vous important. Samedi 6 avril, les négociateurs des deux camps ont prévu de se retrouver pour plusieurs jours à une centaine de kilomètres de Kinshasa.

Mais après la sortie du chef de l’État perçue comme un « affront », plusieurs négociateurs de la coalition pro-Kabila ne font pas le déplacement, à commencer, confie l’un d’entre eux, par Néhémie Mwilanya qui dirige pourtant la délégation.

Les discussions s’engagent tout de même avec ceux qui sont là. Elles sont « houleuses », racontent des témoins, s’étirent toute la nuit. Jusqu’au clash le dimanche matin. Chacun rentre alors chez soi sur un constat d’échec.

Depuis ? « Quelques coups de fils », assure-t-on de part et d’autre refusant de parler de « blocage ».

Mais dans les faits chacun campe sur ses positions. Côté FCC, on semble plus déterminé que jamais à imposer Albert Yuma. « Je ne vois pas Joseph Kabila changer d’avis de sitôt », prédit un de ses négociateurs. « Ce choix nous revient selon la Constitution », martèle-t-il.

Même fermeté du côté des pro-Tshisekedi, sous-pression à la fois de leurs militants et de la communauté internationale. « Le nouveau président doit imprimer sa marque », explique l'un de ses négociateurs. « Nous risquons de ne pas obtempérer au caprice du Front commun », assure-t-il. « C’est le capharnaüm et ça risque de durer longtemps », prédit une cadre du FCC.

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