RDC: des morts et des dizaines de disparus dans un naufrage sur le lac Kivu

Une pirogue sur le lac Kivu, en RDC. (Photo d'illustration)
© MONUSCO/Force

Un bateau qui assurait la liaison Goma-Kalehe a fait naufrage dans la nuit du 15 au 16 avril. Le nombre de passagers est encore inconnu mais les rescapés indiquent qu’il était très surchargé.

Le président congolais Félix Tshisekedi est attendu ce jeudi matin dans le territoire de Kalehe, lieu du naufrage qui a suscité l’indignation dans le pays. Mercredi soir 37 rescapés avaient été identifiés. Mais le bilan définitif du drame reste difficile à établir avec précision.

L’embarcation, une pirogue en bois motorisée, voyageait entre Goma et le territoire de Kalehe au moment de son naufrage. Une source sécuritaire à Kinshasa parlait mercredi soir de 25 corps déjà repêchés. Un chiffre que le gouverneur par intérim du Sud-Kivu ne confirmait pas.

Le travail de recherche est pour le moment confié aux pêcheurs locaux, en absence d’équipe de secours spécialisée sur place. Combien de personnes étaient à bord au total ? Un bilan provisoire communiqué mardi soir par la présidence congolaise faisait état de 150 disparus, mais « c’est difficile à dire », déplore le député local Vital Muhini. Les chiffres sont très difficiles à vérifier, puisque la pirogue ne disposait pas de manifeste en bonne et due forme.

« Que font les services maritimes chargés de la sécurité ? », se demande l’élu, qui réclame « une enquête méticuleuse » et plus de contrôles sur le transport maritime, alors que, selon lui, la pirogue était « surchargée et sans gilet de sauvetage ». D’autant que ces drames sont récurrents sur le lac Kivu.

Il y avait d’abord les vents violents qui ont causé la vague, mais également, la pirogue était totalement surchargée. Dans la même pirogue, il y avait des tonnes de sacs de ciment. [...] Nous allons demander à notre population de ne plus s’embarquer sur ces pirogues qui sont surchargées pour prévenir d’autres incidents pareils.

Delphin Mbirimbi, président de la société civile de Kalehe
17-04-2019 - Par Michel Arseneault

Mardi, le chef de l’État s’est dit attristé et a promis que les responsables seraient « identifiés et sanctionnés » mais cela n’a pas empêché de nombreuses réactions indignées. L’opposant Moïse Katumbi fustige « l’irresponsabilité des gouvernements successifs », le mouvement citoyen Lucha « l’inexistence ou la vétusté des infrastructures », mais aussi la « quasi inexistence de services de secours et la corruption ». D’autres, enfin, réclament la réhabilitation urgente de la route Goma-Bukavu afin de désengorger le trafic sur le lac Kivu.

C’est à Mukwija, un carrefour commercial d’où serait originaire le plus grand nombre de victimes, que le chef de l’État et la délégation qui l’a précédé mercredi a prévu de se rendre. Pour témoigner leur soutien aux familles et tenter de comprendre l’origine du naufrage, mais aussi évaluer les éventuels besoins humanitaires.

C'est la léthargie des services publics maritimes...

Vital Muhini, député local
17-04-2019 - Par RFI

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.