Burkina Faso: peu de détails ont filtré de la lettre de l’ex-président Compaoré

Blaise Compaoré à Addis-Abeba lors d'un sommet de l'Union africaine, le 28 janvier 2011.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Au Burkina Faso, la lettre écrite par l’ancien président Blaise Compaoré et adressée à l'actuel président Roch Marc Christian Kaboré, suscite à la fois interrogation et optimisme. Dans ce courrier, Blaise Compaoré, en exil en Côte d’Ivoire depuis sa chute en 2014, fait part de sa « disponibilité » à soutenir son pays, en proie à des problèmes sécuritaires réguliers ces derniers mois. Seulement, à ce jour, peu de détails ont filtré sur le contenu de cette lettre, datée du 29 mars et réceptionnée par la présidence le 12 avril dernier.

C'est un courrier privé, rédigé par un ancien chef de l'État à un président en fonction. La lettre n'a pas été rendue publique. Plusieurs sources proches de l'entourage de Blaise Compaoré voient, à travers ce geste, une volonté de ressouder les rangs autour d'une « union sacrée contre le terrorisme ».

Au MPP, parti de la mouvance présidentielle, on utilise des mots mesurés pour commenter ce courrier. « La lettre veut dire qu’il est inquiet. Il est prêt à apporter sa contribution et je pense qu’on peut prendre acte de cela. Nous verrons la suite à donner », estime Ousseni Tamboura, un des porte-parole du parti.

Demande de transparence

Dans l'opposition, certaines voix se sont levées pour exiger plus de transparence : la main tendue de Blaise Compaoré est-elle acceptée ? Si oui, sur quels termes ? Mais certains responsables de l'opposition tempèrent et remettent cette lettre en perspective, à l'image d'Ablassé Ouedraogo, leader de la Coder, qui regroupe plusieurs formations politiques : « Certains grimpent vers la réconciliation nationale parce que cet acte tombe au moment où le président Kaboré lui-même envisage d’ouvrir un dialogue politique. Et nous, nous disons que le dialogue politique qui est envisagé pour les 27 et 28 avril doit très vite se transformer en dialogue national. »

Au CDP, le parti de l'ancien président, on estime que cette lettre est une « valeur ajoutée dans la démarche de réconciliation », selon les termes employés par Eddie Komboïgo, le président de cette formation.

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