Algérie: les manifestants préoccupés par les risques de répression violente

Des policiers font face à des étudiants qui manifestent pour le départ du régime, à Alger, le 16 avril 2019.
© REUTERS/Ramzi Boudina

Nouveau jour de mobilisation et nouveau test pour les manifestants, ce vendredi 19 avril en Algérie. Plusieurs indices laissent penser que les autorités veulent essayer de limiter la contestation, y compris en utilisant la force. Des mesures qui pourraient provoquer de la violence ou, au contraire, renforcer la mobilisation.

Ce ne sont pas des phénomènes nouveaux en Algérie. Mais, la semaine du 15 avril, une série d’événements font craindre un tournant dans la réponse des autorités face au mouvement.

Le vendredi précédent, des violences ont émaillé la manifestation d’Alger. Les secouristes bénévoles évoquent des dizaines de blessés, notamment à l’arme blanche. Dans la semaine, des manifestantes arrêtées dans la capitale ont déclaré qu’elles avaient été forcées à se dénuder dans un commissariat.

Et, mercredi, des membres d’un service de sécurité sous autorité du ministère de la Défense sont entrés dans la faculté de droit de la capitale, pour saisir les listes de présence à une réunion entre étudiants et professeurs pour organiser la suite du mouvement.

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À chaque fois, les images de ces scènes ont provoqué l’indignation. La manifestation des étudiants de mardi a été plus importante que celles des dernières semaines, des étudiants estimant qu’il fallait revenir manifester pour protester contre les violences.

Mobilisation test, une fois encore

« Il y a des gens qui essaient de mettre en place des mouvements de terreur pour casser le mouvement. C’est le danger », avertit Mourad Goumiri, professeur de sciences économiques et sciences politiques à l’université d’Alger, pour qui l'un des enjeux de la mobilisation de ce vendredi est de réussir à éviter tout débordement ou tentative de violence.

Il met en garde contre les possibles actions de « tous ceux qui ne souhaitent pas que notre pays aille un peu plus loin dans l’État de droit, dans la démocratie, parce que, forcément, ils auront des comptes à rendre ».

Ce 19 avril, donc, c’est un nouveau test pour le mouvement dont le succès se base aussi sur le fait qu’il reste pacifique et que très peu d’incidents ont eu lieu en neuf semaines.

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