RDC: qui sont et que veulent les ADF?

Une trainée de sang est visible après une attaque attribuée aux ADF à Beni, le 11 novembre 2018, au cours de laquelle une femme a été tuée et un homme et quatre enfants enlevés.
© John WESSELS / AFP

Les ramifications et objectifs réels de ce groupe armé, l’un des plus meurtriers de l’est du Congo, restent entourés de mystère.

Contrairement à beaucoup de groupes armés congolais et d’organisations islamistes radicales, les Allied democratic forces (ADF) communiquent peu sur leurs actions. Ils n’ont pas pour habitude de revendiquer leurs attaques, n’ont pas de porte-parole officiel et subissent rarement des désertions. Difficile donc d’avoir des certitudes sur l’étendue de leurs réseaux et leurs motivations.

Depuis 2014, ce groupe s’est illustré par une série de massacres brutaux, des enlèvements et des pillages dans l’est du Congo et des attaques contre des cibles militaires onusiennes ou congolaises. On l’a dit affaibli en 2016, puis il a ressurgi de plus belle mi 2017, mieux équipé et mieux formé. Aujourd’hui, il compterait, de source onusienne, entre 500 et 600 combattants. Et aurait des liens avec le groupe État islamique, qui a revendiqué pour la première fois, jeudi 18 avril, une attaque sur le sol congolais.

« Interprétation radicale et violente du Coran »

En 2018, l’analyse par le GEC, un groupe d’experts basé à New York de vidéos internes au mouvement, ainsi que des entretiens avec des déserteurs, ont tout de même permis d’en savoir un peu plus. Il en ressort que ce mouvement dirigé aujourd’hui par l’Ougandais Musa Seka Baluku prône une « interprétation radicale et violente du Coran, arbore un drapeau semblable à celui utilisé » par des mouvements tels que Boko Haram et tenter de « se rallier à d’autres groupes jihadistes ».

Un lien avec les shebabs somaliens fut envisagé, mais il n’a pas été démontré. Les ADF semblent en tout cas « vouloir diffuser leurs messages à un public plus large en Afrique de l’Est », écrivent les auteurs du GEC et cherchent à « se présenter comme faisant partie d’un ensemble plus vaste ».

Le mouvement bénéficie aussi d’un réseau de recrutement en Afrique via l’est de l’Ouganda, sans que l’on sache vraiment avec quel agenda. Plusieurs sources assurent aussi qu’ils opèrent en complicité avec des miliciens locaux et des soutiens parmi des militaires Congolais et commerçants de la région.

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