RDC: nouvelle attaque contre un centre de soin Ebola à Butembo, dans l'Est

Dans un centre de traitement Ebola à Beni, le 31 mars 2019.
© REUTERS/Baz Ratner

Dans l'Est de la RDC, une nouvelle attaque a eu lieu ce vendredi avec pour cible le dispositif de riposte contre Ebola. Cela s'est passé au centre hospitalier universitaire de Butembo, où se tenait une réunion de coordination d'équipes travaillant sur la maladie à virus Ebola. Un médecin a été tué. Cette nouvelle agression fragilise le dispositif de lutte contre la maladie dans l'Est de la République démocratique du Congo.

Des hommes -qui avaient dissimulé des armes à feu pour entrer dans l'hopital- ont fait irruption dans la réunion, ont dépouillé les membres de l'assistance et ont tiré à bout portant sur un médecin de l'Organisation mondiale de la santé. Le docteur Richard Valery Mouzoko Kiboung, un épidémioligiste camerounais, est décédé.

Les assaillants ont aussi fait deux blessés dont le pronostic vital n'est pas engagé (un personnel du ministère congolais de la santé et le chauffeur d'une voiture de location qu'utilise l'OMS).

Un bilan communiqué par Michel Yao, coordinateur de l'OMS pour la riposte contre Ebola dans le Nord-Kivu et en Ituri qui, joint par téléphone, dénonce cette attaque meurtrière. « Nous condamnons cet acte et souhaitons vivement qu'il ne reste pas impuni. Nous condamnons toute atteinte contre le personnel de santé... (qui) est là pour sauver des vies et on ne saurait tolérer ces attaques contre le personnel. Mais l’OMS s’engage à continuer. Parce que, abandonner le travail de la lutte contre Ebola, c’est condamner des populations entières. Et nous espérons que les fils et les filles de cette localité vont nous accompagner, dire non à la violence et nous permettre d’avoir accès aux communautés pour pouvoir éliminer cette maladie ».

Une violence qui complique le travail dans les communautés

Cette attaque, qui survient après deux autres attaques récentes contre des centres Ebola, fragilise l'action sur le terrain.

« Ces attaques affectent la riposte» contre la maladie, déplore Michel Yao. Le personnel est « totalement apeuré, choqué ». Cela rend le travail d'autant plus difficile que « Ebola se contrôle avec les communautés. Les investigations se passent dans la communauté. La vaccination, comme le suivi des contacts. Et donc, quand on n’a pas cet accès-là c’est difficile. Les événements de la dernière fois nous ont fait énormément reculer. Nous avons passé trois semaines où les activités étaient menées de façon approximative. Dans Ebola, on doit suivre chacun des cas. Et autour de ces cas-là on doit réaliser toutes les activités. Quand on n’arrive pas à le faire, le contrôle devient difficile ».

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